Pascal Cloutier, maire de Dolbeau-Mistassini et président d'Alliance forêt boréale
Pascal Cloutier, maire de Dolbeau-Mistassini et président d'Alliance forêt boréale

Nouveau régime forestier: Alliance forêt boréale dépose ses demandes

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le groupe Alliance forêt boréale, qui représente les communautés forestières du Québec, a transmis au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, des recommandations importantes pour la modification du régime forestier dans l’objectif de diminuer le coût de la matière première qui est parmi les plus élevés dans le monde.

Le président du groupe et maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, insiste dans le communiqué émis lundi pour rappeler que l’actuel régime forestier a déjà huit ans et qu’avant même sa mise en œuvre, il avait soulevé plusieurs critiques. Il demande donc au gouvernement du Québec d’apporter des modifications majeures afin de rendre l’industrie plus compétitive.

« Si rien n’est fait pour corriger la situation actuelle, c’est non seulement la survie à long terme de notre industrie qui est menacée, mais celle de nos communautés forestières. Investir en forêt, c’est assurer la survie des régions forestières et de plusieurs communautés. Investir en forêt, c’est aussi assurer le gagne-pain de milliers de familles, et c’est surtout préserver un patrimoine pour les générations futures », a déclaré le président.

Le coeur des demandes émanant de la région concerne tout le volet de la planification forestière qui constitue depuis la mise en œuvre du régime un véritable casse-tête pour les entreprises et génère des coûts additionnels. Selon le document transmis au ministre, il est proposé de laisser entre les mains du ministère le volet de la planification tactique, tout en transférant aux entreprises la planification opérationnelle.

Les entreprises devraient donc assumer une certaine imputabilité sur le volet de la planification opérationnelle. Toujours selon les recommandations, le gouvernement doit accorder la possibilité aux entreprises de planifier sur une période de cinq ans les opérations forestières. En ce moment, les entreprises doivent changer régulièrement de secteur de coupe. Les entreprises exigent cette période afin de travailler sur différents fronts pour faire face aux situations imprévisibles.

Le document fait aussi mention de la nécessité pour le gouvernement d’imposer un mécanisme de concertation dans les unités d’aménagement entre les différents bénéficiaires. Cette demande vise spécifiquement une situation qui perdure dans certaines unités d’aménagement, où un bénéficiaire utilise son pouvoir de ne pas signer les plans d’aménagement pour exercer du chantage sur les autres bénéficiaires. Il peut ainsi viser des secteurs et utiliser des routes construites par d’autres entreprises. Le Quotidien a été informé de certaines situations qui mettent toujours en présence le même bénéficiaire.

Toujours dans le but de simplifier les opérations, il est recommandé de modifier le cadre du règlement d’aménagement durable des forêts. Ce cadre jugé très restrictif devrait être transformé, selon l’organisme en guide de bonne pratique.

Les entreprises sylvicoles se verraient quant à elles confier la planification de tout le volet de l’aménagement forestier (en excluant la récolte). Il est même recommandé d’ajouter la catégorie des bénéficiaires d’aménagement. Ce sont des entreprises sylvicoles qui constitueraient cette catégorie. Ils auraient ainsi une plus grande marge de manoeuvre au chapitre de la prévisibilité des interventions à réaliser dans le temps.

Le Bureau de mise en marché des bois n’échappe pas à la réforme souhaitée par Alliance forêt boréale. Il est question de revoir le prix plancher ainsi que de considérer le droit du premier preneur sur des blocs de forêt mis aux enchères.

Finalement, Alliance forêt boréale demande au gouvernement du Québec de réintégrer au sein des mêmes équipes tout ce qui concerne la faune, la forêt et le territoire, comme c’était le cas avant la création du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles. Il s’agit d’une vision mieux intégrée des différents éléments à prendre en compte dans la forêt sous aménagement.

Engagement du premier ministre

Le premier ministre du Québec a pris l’engagement pendant l’été de déposer un nouveau régime forestier. Il a été convaincu par le milieu, pendant la campagne électorale, qu’il y avait effectivement des problématiques dans l’actuel régime et que ces problématiques constituaient un frein au développement de l’industrie.

Il sera intéressant de voir si la volonté du premier ministre permettra de faire bouger la machine administrative du ministère.

Selon ce qui circule en ce moment dans les milieux bien informés, le ministère n’aurait pas vraiment l’intention de procéder à des changements aussi importants que ceux dont il est question dans le mémoire d’Alliance forêt boréale.