Le Festival Dédé Fortin doit cesser en raison d'un manque de bénévoles.

Normandin perd deux attraits

Le maire de Normandin, Mario Fortin, n’a pas l’intention d’établir un plan de relance du tourisme malgré la perte de deux attraits majeurs sur son territoire. Le projet de redémarrage des Grands Jardins est officiellement fermé et le Festival Dédé Fortin ne revient pas cette année.

Normandin n’a pas les reins assez solides pour initier, à elle seule, un « projet touristique de grande envergure » et de toute façon, il n’y a pas assez d’achalandage dans le Haut-du-Lac, selon lui. 

« Le touriste d’aujourd’hui a changé. Quand on était dans le projet des Grands Jardins, ils venaient passer quelques jours avant de remonter au Saguenay. Maintenant, ils viennent pour une activité en particulier, par exemple du canot, et repartent. C’est plus volatile », croit M. Fortin. 

L’idée derrière les Grands Jardins était d’attirer les visiteurs du Zoo sauvage de Saint-Félicien. Le site attirait 20 000 personnes dans ses meilleures années, mais la municipalité espérait en accueillir entre 50 000 et 60 000. Le projet de relance, dont les coûts auraient oscillé entre 10 et 15 millions de dollars, visait à créer un site inspiré d’un monde fantastique. 

« Est-ce que Normandin était prête à s’embarquer dans un projet de cette envergure ? La population était très mitigée parce que ça aurait mobilisé encore plus de monde que les Grands Jardins. Je sentais que la MRC, même s’il n’y a pas eu de discussions de fond, n’était pas prête à embarquer dans un tel projet et pourtant, ça aurait pris son soutien parce qu’on ne pouvait pas soutenir ça à bout de bras », avance le maire de Normandin. 

Festival Dédé Fortin

Par ailleurs, le maire assure que le Festival Dédé Fortin attirait encore un grand nombre d’artistes et générait des retombées économiques importantes pour les commerçants locaux, mais ce sont les bénévoles qui manquaient à l’appel. 

« C’est toujours un peu décevant quand des activités ne fonctionnent pas. C’est un festival de musique, c’est beaucoup d’organisation et c’est porté par des bénévoles. On n’avait pas les capacités financières pour le développer. On le sentait au cours des trois dernières années que les gens étaient essoufflés », souligne Mario Fortin. 

Il avoue que la municipalité a étudié quelques scénarios pour assurer la survie de ce grand rendez-vous de la chanson qui visait d’abord et avant tout à rendre hommage au chanteur des Colocs. « On a pensé amalgamer nos deux gros événements, soit la Classique de volleyball et le Festival Dédé Fortin, mais on en est venus à la conclusion que ça aurait été difficile », estime-t-il. 

Ce dernier précise par ailleurs que les grands centres, comme Québec et Montréal, multiplient les festivals durant l’été et qu’il faut « prendre en compte cette autre réalité ». Inévitablement, l’organisation du Festival Dédé Fortin devait donc en venir avec de nouveaux concepts et de nouvelles idées année après année. 

17e Classique de volleyball

Il assure toutefois que le tournoi de volleyball, qui revient pour une 17e année, fonctionne bien. L’organisation doit ajouter des terrains supplémentaires pour répondre à la demande. Encore une fois, la question des bénévoles refait toutefois surface. 

« On a besoin d’une dizaine de bénévoles à la Classique, mais la relève n’est pas là », déplore le maire de la communauté de 3000 habitants.