Hélène David

Non à une deuxième école de pilotage

La ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur n’a pas du tout l’intention de créer une seconde école nationale de pilotage d’aéronefs. Mais avant de dire non au Cégep d’Abitibi-Témiscamingue, qui demande de former des pilotes de ligne anglophones et autochtones, elle veut prendre le temps de regarder le projet qui lui a été déposé le 1er février et de voir s’il pourrait y avoir une collaboration avec le Cégep de Chicoutimi.

« Nous avons cinq écoles nationales, dont le CQFA qui est très important pour former des pilotes. C’est une formation très onéreuse. Ça prend des avions, des hélicoptères, des hangars... J’ai visité cette école et c’est formidable le travail qu’on y fait », a dit Hélène David lors d’un point de presse à Québec, un peu plus de 24 heures après que le Cégep de l’Abitibi eut révélé ses intentions à tout le Québec.

La ministre n’a pas été très loquace, car elle n’a pas eu le temps de prendre connaissance du projet. Mais elle a bien l’intention d’amorcer des discussions avec les deux collèges pour savoir s’il y a moyen de créer une forme de partenariat. « On est rendus là », a dit Mme David, rappelant que des écoles de pilotage, il y en a plusieurs au Québec. « Ce sont des écoles privées, donc des formations qui coûtent 70 000 $ ou 80 000 $. »

Chacun son école

De son côté, le critique péquiste en matière d’Enseignement supérieur et de recherche souhaite que le gouvernement du Québec réponde à la demande du Cégep d’Abitibi-Témiscamingue en lui offrant un programme d’exclusivité autre que le pilotage d’aéronefs.

Alexandre Cloutier dit comprendre que l’institution d’Abitibi cherche des moyens pour se développer, mais selon lui, la solution n’est pas de déshabiller Jacques pour habiller Pierre. Il demande donc à Québec de ne pas toucher au programme de pilotage d’aéronefs que développe le Centre québécois de formation aéronautique depuis 50 ans, et d’en chercher un autre qui permettrait au campus de Val-d’Or de se démarquer.

« Les écoles nationales (comme pilotage et ATM) permettent aux cégeps des régions de se distinguer et d’attirer de la clientèle de l’extérieur. Ça les aide à lutter contre les baisses de clientèle et permet l’occupation du territoire québécois. Un Montréalais n’ira pas étudier les sciences humaines à Alma, mais viendra pour les techniques policières, analyse le député. C’est pourquoi il ne faut pas commencer à éparpiller ces écoles un peu partout sur le territoire. Chacune doit avoir sa propre spécialité. »

Le député de Lac-Saint-Jean est convaincu que le CQFA du Cégep de Chicoutimi sera en mesure de trouver une solution pour répondre aux besoins exprimés par les compagnies aériennes d’Abitibi qui souhaitent obtenir une formation en pilotage pour les anglophones et les Autochtones.

Quant au Cégep de l’Abitibi, il pourra trouver une niche ailleurs avec l’aide du gouvernement du Québec, estime le député.

Mireille Jean

Mireille Jean lance un appel au dialogue

La députée péquiste de Chicoutimi, Mireille Jean, défend l’exclusivité du programme en pilotage offert par le Centre québécois de formation aéronautique (CQFA), mais lance un appel au dialogue entre les institutions collégiales impliquées.

Elle s’est dite étonnée que le Cégep d’Abitibi-Témiscamingue travaille depuis trois ans à monter un dossier sans que des discussions préalables n’aient eu lieu avec le CQFA.

La députée croit que lorsqu’il est question de cégeps en régions, un esprit de collaboration et de coordination devrait exister dans le milieu.

Mme Jean affirme avoir discuté avec la direction du CQFA et cette dernière se montre ouverte à discuter de la problématique de la région du Témiscamingue. L’objectif est d’éviter de fragiliser le CQFA, qui depuis 50 ans a accumulé une expertise et un savoir-faire dans le domaine, tout en assurant la pérennité d’une école exclusive.

Elle ajoute que même si le Cégep d’Abitibi-Témiscamingue était parvenu à monter un programme, il aurait été nécessaire d’obtenir l’aval et le soutien financier du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Dans ce contexte, elle croit qu’il faut plutôt maximiser les ressources existantes plutôt que de fonder une nouvelle école puisque ce type d’enseignement est coûteux. Sur ce sujet, elle se dit prête à entreprendre une bataille.

Mme Jean croit qu’il serait possible d’augmenter le nombre de diplômés en pilotage à Saint-Honoré tout en discutant de façon concertée entre les collèges impliqués.

Investiture 

En prévision de la prochaine campagne électorale, Mme Jean a fait savoir que l’assemblée d’investiture pour la désignation d’un candidat dans Chicoutimi aura lieu le 25 février prochain. Mme Jean a déjà fait part à l’exécutif local de son intention de se présenter de nouveau comme candidate afin de représenter la population chicoutimienne. 

Elle a indiqué ne pas avoir eu vent que d’autres personnes ont l’intention de se présenter tout en concluant que le PQ, en tant que parti démocratique, est ouvert aux nouveaux venus.