Depuis son ouverture en octobre dernier, la Maison de soins palliatifs du Saguenay a acceuilli 86 patients.

Non à l’aide médicale à mourir

« Les bénéficiaires vont à la Maison de soins palliatifs du Saguenay pour mourir leur vie et non pas pour vivre leur mort. »

La position du conseil d’administration de l’organisation, dirigé par Jean-Pierre Simard, est claire. L’aide médicale n’est pas offerte aux bénéficiaires et ne le sera pas, à court terme du moins. Depuis son ouverture en octobre dernier, la Maison de soins palliatifs du Saguenay, créée de l’association de la Maison Notre-Dame de Chicoutimi et de la Maison Le Chêne de Jonquière, a accueilli 86 patients en fin de vie. De ce nombre, 71 personnes sont décédées, trois ont été transférées vers d’autres services et 12 y sont encore présentes. Seulement à la Maison Notre-Dame, en 20 ans d’existence, 2000 personnes y ont rendu l’âme.

Jean-Pierre Simard, André Tremblay et Guy Harvey étaient réunis devant les membres du Cercle de presse, mercredi matin.

« Après discussions et avec une décision approuvée par notre conseil d’administration et des médecins qui oeuvrent dans notre service, nous avons décidé de ne pas offrir l’aide médicale à mourir, puisque la mission de la Maison est de permettre aux bénéficiaires de mourir de leur maladie sans trop de souffrance. Les bénéficiaires en sont conscients et c’est ce qu’ils désirent. Depuis la mise en place de la loi sur l’aide médicale à mourir, en décembre 2015, seulement quatre patients nous ont demandé à être transféré pour recevoir l’aide médicale à mourir », a expliqué le directeur de la Maison de soins palliatifs du Saguenay, Jean-Pierre Simard, qui était de passage devant les membres du Cercle de presse du Saguenay, mercredi matin. Il était accompagné d’André Tremblay et de Guy Harvey, membres du CA de l’organisation.

La position de la maison a été discutée sérieusement. « Ça ne veut pas dire que cette décision ne changera pas dans quatre ou cinq ans, mais pour le moment, elle est la même pour toutes les maisons de soins palliatifs du Québec. Le patient rentre ici pour mourir de la maladie et nous l’aidons du mieux qu’on le peut, avec des soins palliatifs », a expliqué Jean-Pierre Simard. En moyenne, le séjour d’un patient dure autour de neuf jours. Règle générale, ces patients souffrent d’un cancer et ils ont entre 60 et 75 ans. Il faut être âgé de 18 ans au moins pour être admis. « Nous avons reçu quelques jeunes patients, mais ce sont surtout des gens de plus de 60 ans. Nous avons également eu une belle madame de 102 ans, qui nous a dit qu’elle ne devrait pas vivre trop vieille ! On célèbre aussi la vie, à la maison », a affirmé Jean-Pierre Simard, qui a oeuvré longtemps comme infirmier avant de prendre la direction générale de l’organisation.

L’établissement a des airs rassurants de maison, afin que les patients en fin de vie se sentent bien.

La nouvelle Maison de soins palliatifs du Saguenay offre 12 lits, qui sont présentement occupés. Deux chambres pour les visiteurs sont également mises à la disposition de la clientèle.

Annuellement, le roulement de la maison nécessite un montant de 1,7 million $, réunis grâce au financement du gouvernement et aux dons de la population.

L’aide médicale à mourir n’est pas offerte à la Maison de soins palliatifs du Saguenay.

Questionnés à propos de la consommation de cannabis, surtout à des fins médicales, M. Simard a expliqué que les bénéficiaires ont le droit de fumer, mais à l’extérieur des murs de la maison et pourvu qu’ils soient capables physiquement de le faire. Sinon, il peut arriver que la famille du patient cuisine des pâtisseries au cannabis, pour soulager ses souffrances.

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QUATRE MAISONS

Une maison de soins palliatifs vise à soulager la souffrance physique et psychologique des personnes en fin de vie et de les accompagner jusqu’à la fin. 

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean compte quatre maisons de soins palliatifs:

• Maison de soins palliatifs du Saguenay (12 lits)

• Maison du Havre de Roberval (4 lits)

• Maison Colombe-Veilleux de Dolbeau-Mistassini (3 lits)

• Maison Soli-Can d’Alma (6 lits)