Les employés syndiqués Unifor de la mine Niobec à Saint-Honoré sont en grève depuis le 6 juin. L'injonction déposée par l'employeur oblige les grévistes à respecter plusieurs règlements.

Niobec obtient une injonction contre les syndiqués

La mine Niobec a obtenu une injonction visant à réglementer le piquet de grève près de ses installations, vendredi matin, du juge Jacques Babin, de la Cour supérieure du Québec.
Il s'agit d'une ordonnance provisoire valide jusqu'au 19 juin. Les deux partis seront de retour en cour à ce moment pour déterminer la suite des choses. Les salariés syndiqués ont des consignes à respecter sur le piquet de grève. Ils ont d'ailleurs confirmé qu'ils allaient s'y conformer.
Le syndicat, représenté par Unifor, a déclenché une grève générale illimitée le 6 juin, après l'échec des négociations en vue du renouvellement de la convention collective.
La demanderesse (Niobec) s'est présentée au Palais de justice de Chicoutimi avec un document de 24 pages. Les avocats de la compagnie, Me Pierre Parent et Me Annie Tremblay, ont discuté avec celui responsable du dossier pour Unifor, Me Renaud Plante, dans le but d'apporter des ajustements au document qui été réduit à neuf pages. C'est celui-ci qui a finalement été signé par le juge Jacques Babin et remis à chacun des employés syndiqués.
Les avocats de la mine Niobec n'ont pas voulu commenter devant les médias.
« C'est sûr qu'il y a une certaine frustration par rapport à l'injonction, mais on va se conformer à tout ce qui est demandé », a pour sa part confirmé le délégué senior pour les métiers et responsable des communications chez les employés syndiqués, Jacques Doré.
Consignes
Les piqueteurs doivent notamment « s'abstenir et cesser » de bloquer l'accès des employés-cadres non syndiqués qui tentent de se rendre aux installations minières, nuire aux activités normales et légitimes de la mine, manifester avec le visage couvert, ou encore de survoler l'espace aérien au-dessus des installations propriétés de Niobec. Dans ce dernier cas, l'employeur aurait aperçu un drone voler près de la mine dans les derniers jours. Les employés en grève doivent veiller au bon ordre des manifestations et n'ont pas le droit de faire des feux à ciel ouvert aux abords de l'entrée de la mine.
Un nombre total de piqueteurs a également été décrété. Ils ne pourront être plus de cinq à l'intersection de la rue Hôtel de ville et du chemin du Columbium, 10 du côté de la roulotte face à l'entrée principale du site d'exploitation, et 10 au coin du chemin du Columbium et du rang Saint-Marc.
« La compagnie se sert de l'injonction pour réduire la représentation des syndiqués sur les piquets de grève », a commenté Jacques Doré.
Dans le document initial, l'employeur relatait plusieurs faits concernant des méfaits qui ont eu lieu à l'entrée du site de la mine. Des vis auraient été retrouvées au sol, des pneus auraient été crevés et des gestes d'intimidation auraient été posés. L'entreprise a aussi écrit qu'à une certaine occasion, un attroupement de 150 personnes aurait été observé. Les grévistes ont nié ces allégations, ajoutant que le nombre d'employés avait été au maximum chiffré à 40.
Des véhicules, transportant ou conduits par des cadres, auraient également été bloqués ou ralentis. Les événements reprochés seraient survenus le mercredi 7 juin. Ces éléments ne se retrouvaient toutefois plus dans le document corrigé, au terme de discussions entre le juge et les avocats des deux partis. 
Négociations
Jacques Doré et ses collègues n'ont toujours pas eu de nouvelles de la compagnie à propos de nouvelles négociations en vue d'en venir à une nouvelle entente.
« On n'a pas de nouvelles de la compagnie et en déposant une injonction, c'est certain qu'elle essaie de lancer un message, a-t-il mentionné. Elle essaie de diminuer l'impact de la mobilisation, mais on va rester au rendez-vous. On est dans le cadre légal depuis le depuis du conflit et on va demeurer au poste. »