La majorité des employés de Niobec se sont rassemblés devant la mine après leur assemblée spéciale, mardi.

Niobec: la porte ouverte à une grève générale

Réunis en assemblée générale mardi après-midi, les travailleurs de la mine Niobec de Saint-Honoré ont rejeté à 97 % l'offre finale de l'employeur ouvrant la porte au déclenchement d'une grève générale.
Selon Jacques Doré, délégué senior et porte-parole de la section locale 666 d'Unifor, 247 travailleurs présents sur 280 se sont prononcés contre l'offre patronale.
 « On va voir ce qui va se passer dans les prochaines heures. Les informations concernant le vote seront envoyées à la conciliatrice », explique M. Doré.
Il a indiqué que le message lancé à la compagnie est clair, indiquant qu'il y a beaucoup de mécontentement et de colère des travailleurs face aux demandes de la partie patronale.
D'après lui, les employés ont l'impression que les dirigeants n'ont pas pris les négociations au sérieux. « C'est pour ça que la tension montait parmi les employés. Aujourd'hui (mardi), c'est simplement les travailleurs qui s'affirment », mentionne Jacques Doré.
L'exécutif syndical n'avait fait aucune recommandation à l'assemblée générale à la suite du dépôt de l'offre finale de l'employeur. M. Doré a déclaré que depuis l'acquisition de la mine par la société Magris Resources, « l'atmosphère a bien changé, on ressent un manque de respect. Les offres de l'employeur sont très drastiques. L'employeur est en demande. Il s'est passé beaucoup de choses, beaucoup d'émotion ».
En sortant de l'hôtel La Saguenéenne où ils étaient réunis, la majorité des travailleurs se sont déplacés en direction de la mine où une roulotte de grève a été installée. Des gardes de sécurité se trouvaient également sur les lieux, et quelques policiers de la Sûreté du Québec sont restés pendant un moment.
« Les travailleurs sont contents de se mobiliser. Ils veulent utiliser ça pour montrer leur mécontentement. Ça fait vraiment longtemps qu'on négocie. On négocie depuis janvier et la convention est échue depuis le 1er mai. Les gars ont hâte de voir ce qui va se passer, de voir quel est notre avenir, et les rencontres n'aboutissaient jamais », explique M. Doré.
Il mentionne que la grève, qui peut être déclenchée à tout moment, est un signal fort que veulent envoyer les employés. Le délégué ajoute que d'autres signaux avaient été envoyés auparavant, notamment lorsque les employés ont voté à 100 % pour un mandat de grève, il y a quelques semaines.
« On dirait que ça n'a pas été entendu. Maintenant, on vient de rejeter l'offre. À 247 travailleurs sur 280, ça donne l'heure juste », affirme-t-il.
 Les syndiqués espèrent que le message va passer et que les deux parties pourront finalement trouver une solution à la situation.
Conflit de travail
Les employés de Niobec qui se trouvaient devant la mine, après l'assemblée spéciale, se préparent quant à eux pour un conflit de travail. « On espère que ce soit court. Mais on est prêts à attendre, à faire ce qu'il faut. On ne fait pas ça pour rien ! On ne va pas rentrer à quatre pattes la semaine prochaine ! », mentionne l'un d'entre eux.
« Je pense que c'est Magris qui nous a amenés au conflit, avec ses demandes. Tous les employés sont sur la même longueur d'onde. Si Magris écoeure tout le monde, le monde va dire que ça n'a pas de bon sens ! », ajoute un autre travailleur.
Pendant les prochains jours, les employés seront présents devant la mine. Ils fonctionneront selon un horaire de rotation, pour assurer une présence constante.
Poursuite des opérations
Dans un communiqué de presse émis en soirée, la direction de la mine Niobec a déclaré avoir l'intention de poursuivre les opérations avec ses cadres. «Niobec a développé un plan de contingence lui permettant d'opérer et exercer son droit d'employeur», peut-on lire dans le communiqué.