Le député de Jonquière Sylvain Gaudreault a annoncé l’amendement à une loi qui permettra une indemnisation rétroactive à certaines victimes de l’ancien conseiller financier Steeve Duchesne. Sur la photo, il est entouré du porte-parole du groupe, Christian Vallières, et de Mario Guimond.

Neuf victimes du fraudeur Steeve Duchesne seront indemnisées

Neuf victimes de l’ancien conseiller financier Steeve Duchesne se partageront environ 120 000 $ grâce à un amendement au projet de loi 141 permettant une indemnisation rétroactive au 12 juin 2015. Le combat mené à l’Assemblée nationale par le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, et son collègue de Rousseau, Nicolas Marceau, assurera un retour d’argent au trois quarts des membres du groupe.

L’indemnisation permettra de combler une partie des pertes de 567 000 $ subies par les travailleurs floués par leur ancien collègue de travail de l’usine Graphic Packaging de Jonquière. Ainsi, des neuf personnes indemnisées, seulement six verront leurs pertes être complètement effacées. Quatre membres du regroupement ne recevront rien, puisque les fraudes n’ont pas été commises lors de la période désignée. Le membre le plus touché du groupe a perdu 271 000 $, ce qui représente 330 000 $ lorsque l’on calcule l’impôt payé. « On considère que le gain est énorme même si nous aurions aimé peut-être plus. Je garde une peine. Toutefois, on s’est battus. On a réussi quelque chose que bien des gens, des hauts placés, ont qualifié d’impossible », explique le porte-parole du groupe, Christian Vallières. 

Pour le député de Jonquière, l’enjeu était de fixer une date de début à la période rétroactive pour les victimes de Jonquière. Il avait proposé le 9 décembre 2011, soit le début du processus de consultation de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Le gouvernement libéral a refusé et a plutôt proposé le 12 juin 2015, soit la date de réception du rapport. Ainsi, tous ceux qui ont versé des sommes après cette date à celui qui a été reconnu coupable de fraude et de fabrication de faux documents se verront indemnisés. 

Les répercussions positives de cette bataille menée au Saguenay par des gens du Saguenay dépassent largement les limites du Saguenay–Lac-Saint-Jean, alors que d’autres personnes bénéficieront de cet amendement. « Il y aura au Québec, dans les prochaines semaines, des victimes qui seront en tout ou en partie indemnisées. Sans vouloir prendre l’entière responsabilité de cette avancée, les ex-travailleurs de Graphic Packaging en gardent une certaine fierté », témoigne Mario Guimond. La bataille, que plusieurs comparaient à celle de David contre Goliath, a été longue. « Je ne suis que le porteur d’un groupe solidaire et mobilisé qui est porté par Christian Vallières », a tenu à souligner Sylvain Gaudreault lors d’une rencontre avec quelques membres du groupe de travailleurs fraudés. 

Par le passé, les travailleurs floués ont tenté de se qualifier pour le Fonds d’indemnisation de l’AMF. Ceux-ci avaient essuyé deux refus, puisque le fonds ne couvre pas les épargnants victimes d’un conseiller qui effectue une fraude dans un domaine qui n’est pas relié à son permis. C’est à la suite des nombreux refus que Christian Vallières a pris la décision de regrouper les victimes. 

Encore du travail

Malgré cette annonce, le travail est loin d’être terminé pour les principaux acteurs de ce long dossier. De son côté, le député Sylvain Gaudreault en fait un engagement politique. « C’est clair que nous prenons l’engagement d’ouvrir la loi si nous sommes portés au pouvoir en octobre prochain », a-t-il exprimé, lors d’une conférence de presse, dimanche. Christian Vallières assure avoir senti le support du député dès le premier instant. « Lors de la première rencontre, j’ai vu la sincérité de Sylvain Gaudreault », a-t-il dit. 

« Quand j’avais des moments de découragement, quand je me disais que je n’y arriverais pas, je pensais aux victimes qui ont perdu de gros montants et je repartais », raconte celui qui est maintenant à la retraite et qui mène ce combat très souvent en solo. 

Certes, les derniers mois auront été intenses pour les travailleurs et celui qui mène le groupe. « Je prends quelques semaines pour me reposer et je vais revenir. Je n’abandonnerai pas mes victimes. J’ai encore le feu et je vais continuer à me battre », explique celui qui devrait retrouver le quart des 40 000 $ qu’il a perdus grâce à l’amendement.