Neuf personnes sur 10 ont un médecin de famille au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Neuf personnes sur 10 ont un médecin de famille au Saguenay-Lac-Saint-Jean. La région arrive d’ailleurs en deuxième position dans le palmarès de l’accès aux médecins de famille de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, tout juste après le Bas-Saint-Laurent.

Les dernières données de la fédération dévoilent que 91% des résidants du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont un médecin de famille, alors que le record revient au Bas-Saint-Laurent, avec 92%. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est ex aequo avec la région de Chaudière-Appalaches. C’est dans les Laurentides qu’il semble le plus difficile d’avoir un médecin de famille, avec une donnée de 63%. 

«Vous vous en tirez très bien dans la région. Disons que ce n’est pas un enjeu de taille ici», a affirmé le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, Dr Louis Godin. Il était de passage à Jonquière, jeudi, pour rencontrer les membres de la fédération, dans le cadre d’une tournée provinciale.  

Selon le docteur, l’objectif a été atteint au Saguenay-Lac-Saint-Jean. «Je veux saluer l’implication et l’engagement des médecins de famille, qui ont su s’organiser en plus de remplir leur fonction dans les hôpitaux. Alors que la moyenne provinciale est d’environ 950 patients pour un médecin omnipraticien, les médecins du Saguenay-Lac-Saint-Jean en prennent autour de 1000», a souligné le président de la fédération. 

Bien que 91% des personnes aient accès à un médecin dans la région, il y a encore 11 000 patients inscrits sur une liste d’attente au Saguenay-Lac-Saint-Jean. «Nous mettons maintenant toutes nos énergies pour diminuer le temps d’attente sur le guichet unique. Au Lac-Saint-Jean, il n’y a pratiquement plus de personnes inscrites, mais notre défi reste au Saguenay, surtout à La Baie et Jonquière», a souligné le président de l’Association des médecins omnipraticiens du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Dr Olivier Gagnon. Le départ à la retraite de médecins baieriverains et jonquiérois, notamment, a laissé des patients orphelins. 

Changement au guichet unique

Un changement risque cependant de faciliter l’accès à un médecin de famille au cours des prochains jours.

«Auparavant, les personnes inscrites au guichet unique devaient obligatoirement voir un médecin pour un examen afin qu’elles soient enregistrées dans une clinique. Maintenant, ce ne sera plus nécessaire. Une personne inscrite au guichet unique pourra être prise en charge par un médecin sans devoir le rencontrer immédiatement pour un examen. Elle pourra, par exemple, avoir accès au médecin uniquement lorsqu’elle en aura besoin. Ce changement sera effectif au cours des prochains jours et nous croyons que ça permettra d’alléger encore plus le guichet unique», a expliqué Dr Louis Godin. 

Nord-du-Québec

Le pourcentage particulièrement bas concernant l’accessibilité aux médecins de famille dans la région du Nord-du-Québec, du Nunavik et des Terres cries est à prendre avec un grain de sel, prévient Dr Louis Godin. C’est que le système d’enregistrement des médecins n’y est pas le même qu’ailleurs au Québec, prévient le président de la fédération. En effet, plusieurs médecins oeuvrant dans le Nord québécois s’y rendent pour la durée d’un contrat, mais sont la plupart du temps enregistrés dans leur région respective, où se trouve leur bureau. « Lorsqu’ils vont là-bas, ils font du sept jours sur sept et du 24 heures sur 24. Le système n’est pas le même », a indiqué Dr Godin.

Pourcentage des personnes ayant un médecin de famille

Bas-Saint-Laurent 92%

Saguenay-Lac-Saint-Jean 91%

Québec 85%

Mauricie et Centre-du-Québec 85%

Estrie 86%

Montréal-Centre 80%

Outaouais 74%

Abitibi-Témiscamingue 80%

Côte-Nord 77%

Nord-du-Québec Nunavik et Terres cries 30%

Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine 87%

Chaudière-Appalaches 91%

Laval 79%

Lanaudière 69%

Laurentides 63%

Montérégie 65%

Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, Dr Louis Godin, était de passage à Jonquière, jeudi, pour rencontrer les membres.

Jonquière-Médic, un service difficilement exportable

Alors que le service de Jonquière-Médic est devenu, au cours des dernières semaines, un enjeu électoral dans la course à la mairie de Saguenay, le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, Dr Louis Godin, ne croit pas que le modèle, unique au Québec, soit exportable ailleurs. Il estime qu’un tel service viendrait alourdir le secteur de la santé.

Le candidat à la mairie de Saguenay, Jean-Pierre Blackburn, faisait état, à la fin du mois de septembre, de son désir d’étendre le service à la grandeur du territoire saguenéen. «Honnêtement, je suis vraiment content pour les gens de Jonquière. Ils sont chanceux d’avoir accès à un tel service. Mais ce n’est pas un modèle qu’on veut exporter ailleurs et ce n’est pas un bon exemple d’une bonne utilisation du secteur de la santé. Un médecin qui se déplace à domicile prend beaucoup de temps sur la route, par exemple, alors imaginez sur un plus grand territoire. De plus, il n’a pas accès aux infrastructures médicales chez les patients. Je suis ravi de voir que ça fonctionne bien à Jonquière, mais je ne pense pas que le service pourrait être viable ailleurs. S’il a survécu jusqu’ici, c’est en grande partie à cause de l’implication de la population, mais aussi celle des médecins omnipraticiens de Jonquière», a affirmé le président de la fédération.