La ministre déléguée aux Transports et responsable de la Métropole et de la région de Montréal, Chantal Rouleau, a annoncé la création d’un comité scientifique qui aura pour mandat la conciliation de la navigation durable sur le Saguenay et du développement industriel. L’annonce avait lieu mardi, à Chicoutimi, lors du 61e congrès de l’Association des administrations portuaires du Canada.

Navigation durable sur le Saguenay: un comité scientifique est créé

Les enjeux touchant l’utilisation de la voie navigable sur le Saguenay versus les importants investissements industriels prévus à Grande-Anse incitent le gouvernement du Québec à mettre sur pied un comité scientifique. Sa mission sera de tenter de concilier les intérêts de tous en se basant sur des données scientifiques fiables. Des chercheurs de l’UQAC, le Réseau Québec Maritime ainsi que le Comité ZIP Saguenay-Charlevoix seront mis à contribution.

La ministre déléguée aux Transports et responsable de la Métropole et de la région de Montréal, Chantal Rouleau, a procédé à cette annonce à l’occasion de son passage, mardi, au 61e congrès de l’Association des administrations portuaires du Canada (AAPC) qui se tient présentement à Chicoutimi.

Dans son discours, Mme Rouleau a réaffirmé la volonté du gouvernement de prioriser le développement des zones industrialo-portuaires et de l’économie bleue en fonction de leur potentiel tout en posant des actions pour réduire leur empreinte carbone. Le Québec croit en la capacité de concilier le développement économique et écologique, mais le partage d’informations scientifiques est nécessaire, a indiqué Mme Rouleau. « J’ai mandaté le Secrétariat au développement maritime à mettre sur pied un comité scientifique dont le mandat visera à concilier la navigation durable sur le Saguenay avec le développement industriel. Cette action se fera avec la collaboration de l’UQAC, du Réseau Québec Maritime et du comité ZIP », a déclaré Mme Rouleau.

En entrevue avec Le Quotidien, la ministre Rouleau a indiqué que la collaboration vise à assurer un corridor de communication maritime basé sur le développement durable sur le Saguenay.

Elle ajoute qu’une fois cet objectif fixé, il est nécessaire de savoir de quoi on parle et de comprendre avec les scientifiques et les intervenants socioéconomiques les véritables enjeux afin de mettre en place certaines solutions acceptables pour tous.

L’objectif est d’utiliser les voies maritimes du Saguenay et du Saint-Laurent comme vecteur de développements social, économique et durable et à terme rehausser le niveau de richesse de l’ensemble des Québécois.

Saguenay Chicoutimi 
 OTL 
 Colloque sur les administrations portuaires 
 Stephane Bedard president Port Saguenay 
 Josee Neron mairesse de Saguenay 
 Chantale Rouleau ministre deleguee aux transports 
 photo Mariane L. St-Gelais

En ce qui a trait à l’enveloppe financière qui accompagne cette annonce et l’établissement d’un calendrier de travail, Mme Rouleau a indiqué que des annonces seraient faites cet automne.

Étude QC Rail

Invitée à aborder le dossier de l’étude de faisabilité pour le chemin de fer QcRail entre Dolbeau-Mistassini et Baie-Comeau, Mme Rouleau affirme avoir entendu les récriminations de l’Administration portuaire de Saguenay et de la mairesse Josée Néron, en affirmant que le gouvernement souhaite que les régions puissent se développer adéquatement.

Elle a indiqué qu’il faudra attendre de voir les résultats des études. Le projet est encore loin d’être attaché, prévient-elle, mais elle soutient que l’intention n’est pas de nuire au développement économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean. « On comprend les préoccupations et les inquiétudes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais on ne peut empêcher d’aller chercher des connaissances sur ces projets. Des études se font également à d’autres niveaux », conclut-elle.

L’annonce faite par la ministre a réjoui la direction de l’UQAC et le vice-recteur Alexandre Cloutier, présent au congrès.

Pour l’UQAC, il s’agit d’une annonce vraiment importante, puisqu’elle permettra de financer la recherche portant sur les enjeux de la navigation durable sur la voie maritime du Saguenay. M. Cloutier a expliqué que l’UQAC aura à coordonner les études dans des champs de recherche qu’elle a développés comme le développement durable, la biodiversité maritime, etc. « On va jouer un rôle de leader en ce qui a trait à la connaissance du Saguenay. On va s’assurer que le financement soit là. Des propositions financières ont été faites au gouvernement et à ce stade-ci, on en est à s’entendre sur les modalités finales du mandat. »

M. Cloutier s’attend à ce que le financement pour la réalisation du mandat atteigne les sept chiffres.

Pour le président de l’Administration portuaire de Saguenay, Stéphane Bédard, il s’agit d’une excellente nouvelle qui fait suite aux démarches entreprises dans le passé. « Mme Rouleau a répondu présente rapidement. Ce sont des propositions qui ont été faites le printemps dernier lors de rencontres de réflexion portant sur les façons de coordonner le développement maritime. »

Selon lui, l’initiative devrait permettre à tous d’y trouver leur compte en fin d’exercice.