Musée amérindien de Mashteuiatsh: les visiteurs au rendez-vous

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
La saison estivale du Musée amérindien de Mashteuiatsh, communauté autochtone située au Lac-Saint-Jean, s’annonçait maussade, sachant que les touristes provenant d’Europe ne seraient pas au rendez-vous cet été. Après un début de saison plutôt satisfaisant, les prochaines semaines risquent toutefois de rappeler l’absence de cette importante clientèle.

Environ 15 000 personnes visitent chaque année l’institution muséale ouverte depuis quatre décennies. Et 60 % de ces visiteurs proviennent de l’Europe, contre 40 % de touristes québécois.

« Le mois de juillet a été au-delà de nos espérances. Nous n’avions pas beaucoup d’attente pour la saison [...] Là, on va bien. On s’attend à ce que l’écart se creuse à l’automne. Il y a beaucoup de réservations de groupe annulées en août et en septembre. Habituellement, l’achalandage se poursuit. Avec le retour à l’école, je m’attends à ce que ça se termine pour les Québécois. Il y a aura peut-être encore des visiteurs la fin de semaine », confie la conseillère en tourisme et aux communications au Musée amérindien de Mashteuiatsh, Raphaëlle Langevin.

Les visiteurs provenant du Saguenay–Lac-Saint-Jean représentent 20 % de la clientèle québécoise, alors que les visiteurs provenant du reste du Canada sont peu nombreux. Mme Langevin mentionne qu’il s’agit d’à peine quelques personnes par semaine.

Le musée de l’unique communauté autochtone du Lac-Saint-Jean a l’habitude, année après année, d’accueillir des autobus bondés de touristes européens. « Le produit autochtone séduit beaucoup les Européens, dont les Français. Nous sommes ouverts depuis 40 ans. On profite beaucoup du bouche-à-oreille. Les gens nous disent souvent que des parents, des amis ou même eux ont déjà visité le musée. On travaille avec eux depuis longtemps. Ils s’intéressent naturellement à nous », témoigne Raphaëlle Langevin.

La conseillère en tourisme et aux communications confirme que la relation avec les Québécois a, au cours des dernières années, évolué pour le mieux. « Ils sont super proches, mais la réalité autochtone semble si loin d’eux, de leur réalité. On sent changer les choses, entre autres avec la nouvelle génération. Il y a plus d’intérêt maintenant. C’est probablement en lien avec la réconciliation, l’enseignement qui est fait dans les écoles et la Commission Viens », souligne Mme Langevin.

L’initiative du Passeport Attraits a amené beaucoup de visiteurs au Musée amérindien de Mashteuiatsh.

« Le mois de juillet a été au-delà de nos espérances. Nous n’avions pas beaucoup d’attente pour la saison [...] Là, on va bien. »
Raphaëlle Langevin

Nouvelle exposition appréciée

La pandémie est survenue au pire moment pour le Musée amérindien de Mashteuiatsh, qui dévoilait, au début du mois de juillet, une toute nouvelle exposition permanente. Tshilanu Ilnuatsh, qui signifie Nous, les Ilnuatsh, présente la culture des Pekuakamiulnuatsh à travers cinq saisons.

Raphaëlle Langevin confirme que les visiteurs apprécient la nouvelle création, laquelle sera à la programmation pour au moins huit ans et remplace l’exposition des 18 dernières années.

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PLUS DE QUÉBÉCOIS, PLUS DE CYCLISTES

L’achalandage touristique à Mashteuiatsh semble, pour le moment, similaire aux années précédentes. Une légère hausse a même été remarquée, alors que les Québécois à vélo semblent plus nombreux qu’à l’habitude.

« C’est un été intéressant au niveau des cyclistes. Il y a beaucoup de passages en début de journée », témoigne le superviseur de l’accueil et de l’animation, Pierre Larouche. 

Le Bureau d’information touristique a reçu, au cours des dernières semaines, une clientèle qui provenait en grande partie des régions de Montréal et de la Montérégie. M. Larouche indique qu’il s’agit de cyclistes qui complètent le tour du lac Saint-Jean en quelques jours. 

L’arrêt au Carrefour d’accueil Ilnu, qui est opéré par la Société de développement économique ilnu (SDEI) de Mashteuiatsh, permet, de manière générale, aux cyclistes de faire une pause santé, tout en obtenant de l’information sur leur itinéraire. 

Le superviseur de l’accueil et de l’animation, Pierre Larouche, ajoute que l’unique communauté autochtone du Lac-Saint-Jean est, encore une fois, fort populaire auprès des amateurs de camping.