La réforme du mode de scrutin sera soumise à la population, lors des prochaines élections provinciales.
La réforme du mode de scrutin sera soumise à la population, lors des prochaines élections provinciales.

Mouvement démocratie nouvelle prône une meilleure représentation des régions

Stéphane Bouchard
Stéphane Bouchard
Le Quotidien
L’introduction d’un mode de scrutin proportionnel amènera une meilleure représentation des régions à l’Assemblée nationale, croit le directeur général du Mouvement démocratie nouvelle (MDN), Jean-Sébastien Dufresne.

Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, après un éventuel redécoupage de la carte électorale et l’instauration d’un nouveau mode de scrutin, il y aurait toujours cinq députés. Trois d’entre eux représenteraient une circonscription et seraient élus à la majorité simple. Les deux autres seraient des députés « régionaux », qui gagneraient leur siège selon les modalités du scrutin proportionnel.

Jean-Sébastien Dufresne admet que les changements proposés créent beaucoup d’incertitudes chez les acteurs régionaux, mais qu’ils seront bénéfiques à long terme. « Il y a beaucoup de gens qui viennent nous voir avec des questions, entre autres, des maires et des mairesses. Ils se demandent s’ils vont avoir accès aussi facilement au député, ou s’ils se trouveront à couvrir un plus grand territoire. [...] Nous, ce qu’on prétend, c’est que les intérêts des régions vont être encore mieux servi avec la proportionnelle », explique le directeur du Mouvement démocratie nouvelle.

Selon lui, la représentation d’un plus grand nombre de partis à l’Assemblée nationale permettrait la représentation de plus de courants d’idée. Une simulation faite avec les résultats du vote des dernières élections provinciales montre à quoi ressemblerait le portrait régional. Au lieu d’avoir quatre députés de la CAQ et un du Parti québécois au Saguenay–Lac-Saint-Jean, on aurait trois députés caquistes élus dans les circonscriptions, en plus d’un péquiste et un libéral élu à la proportionnelle.

« Ça devient franchement intéressant. Les deux députés des régions seraient des députés auxquels tous les citoyens pourraient s’adresser. Si quelqu’un, pour une quelconque raison et hypothétiquement, ne se reconnaît pas dans les valeurs défendues par la CAQ, il y aurait quelqu’un de deux autres partis pour faire valoir ses intérêts. Ça peut amener une joute politique à l’avantage des acteurs régionaux, qui peuvent s’adresser à trois partis », affirme M. Dufresne.

Le Mouvement démocratie nouvelle, à l’invitation des Corporations de développement communautaires, entreprend une tournée de la région pour répondre aux préoccupations que pourraient avoir certains organismes et certains élus, et vendre les avantages de la réforme du mode de scrutin.

« Le but de cette réforme-là, ce n’est pas de faire perdre du poids politique aux régions, c’est de donner plus de leviers », répète M. Dufresne.

Le MDN sera à l’hôtel de ville de Saint-Félicien, mardi matin, entre 9 et 11 h. Le soir, il s’arrêtera à Dolbeau-Mistassini, au Météore, entre 17 et 19 h. Une rencontre est prévue à la microbrasserie le Lion bleu à Alma mercredi à partir de 16 h. Le MDN terminera sa tournée régionale le jeudi 20 février lors d’un rassemblement à l’UQAC qui débute à 9 h.

Référendum

La question de la réforme du mode de scrutin sera soumise à la volonté de la population dans deux ans. On demandera aux électeurs s’ils sont pour au contre les changements proposés dans un référendum tenu en même temps que les prochaines élections générales provinciales, en 2022.

Le gouvernement caquiste de François Legault, à l’instar de celui de Justin Trudeau au fédéral, a été élu en promettant de modifier le mode de scrutin, mais est revenu sur sa parole.