Mouvement Chicoutimi poursuit son combat

Le Mouvement Chicoutimi et son président, Jacques Pelletier, poursuivent leur combat pour changer le nom de la ville. Ils mettent en ligne une requête destinée au conseil de Saguenay visant à instituer une commission indépendante dont le mandat sera de réfléchir sur le sujet.

Par voie de communiqué, M. Pelletier affirme que la désignation de la nouvelle ville fusionnée en 2002 a été une erreur historique puisque le nom Saguenay était déjà et est encore utilisé pour identifier une rivière et la région. Selon lui, ce nom n’a jamais identifié le territoire du Haut-Saguenay et est relativement récent dans l’histoire. Il cite en exemple la carte géographique de la province de Québec, en 1870, qui désigne le Haut-Saguenay du nom de Chicoutimi, ou encore le livre de l’historien Gaston Gagnon qui expliquait, en 2013, que le nom Saguenay s’applique uniquement à la rivière alors que la région est appelée la Traite de Tadoussac en 1652, la Ferme de Tadoussac en 1664 ou le Domaine du roi en 1720.

Un autre argument utilisé par le Mouvement Chicoutimi est basé sur « la perception que le processus de consultation ayant mené au vote populaire pour le nom Saguenay a été truffé de vices de procédures qui invalident le vote étalé du 12 au 14 avril 2002 ».

Au passage, M. Pelletier déplore que l’histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne soit pas enseignée dans aucune maison d’enseignement alors que les écrits des archéologues démontrent la présence des Autochtones sur le territoire depuis 5000 ans et que les relations des jésuites maintiennent l’utilisation du nom Chicoutimi.

Le Mouvement Chicoutimi invite les citoyens à appuyer la requête. Il souhaite que le sujet transcende les partis politiques et laisse place à la formation d’un collectif citoyen qui manifeste son approbation à une telle requête auprès du conseil municipal qui, seul, peut changer le nom de la ville en vertu de l’article 1 du décret créant Saguenay.

La commission réclamée devrait être formée de personnes compétentes en matière de toponymie et qui sont issues de plusieurs domaines. Elle devrait consulter, recevoir et analyser à partir de critères objectifs les avis, mémoires des associations et citoyens en tenant compte des caractéristiques historiques, culturelles, etc. des noms proposés.

En entrevue, M. Pelletier a mentionné que certains membres du conseil municipal ont été informés de la mise en ligne de la requête du mouvement. « Même si on s’appelle le Mouvement Chicoutimi, le combat que l’on mène en est un pour assurer la vie démocratique à la suite de la consultation menée en 2002 », affirme-t-il.

Il est question de transmettre au conseil une lettre signée par une trentaine de personnalités qui pourraient être des historiens, entrepreneurs, artistes et autres qui ne sont pas nécessairement membres du mouvement.

M. Pelletier prévoit que la requête devrait demeurer en ligne pendant un mois et ne fixe pas d’objectif quant au nombre de personnes qui pourraient la signer.