Le président de Moulures SMDT, Sylvain Mailhot, explique qu’à l’époque, il a obtenu un permis de la Ville pour installer un poêle à bois.
Le président de Moulures SMDT, Sylvain Mailhot, explique qu’à l’époque, il a obtenu un permis de la Ville pour installer un poêle à bois.

Moulures SMDT visée par une nouvelle réglementation

Mélanie Côté
Mélanie Côté
Le Quotidien
Après avoir été la cible de nombreuses critiques de la part de citoyens du chemin Saint-Louis, à La Baie, au cours des dernières années, voilà que Moulures SMDT aurait reçu plusieurs constats d’infraction de la Ville de Saguenay. Un nouveau règlement municipal adopté en janvier dernier touche directement l’entreprise.

Ce règlement stipule qu’« il est interdit pour tout immeuble occupé par un usage commercial ou industriel dont les limites de terrains sont contiguës avec un immeuble ayant un usage résidentiel d’utiliser un appareil fonctionnant au bois ou encore de faire des feux de bois à l’extérieur lorsque ces activités causent des émanations ou des émissions de poussière, de suie, de fumée, d’étincelles, d’escarbilles ou autres émanations de quelque nature que ce soit ».

Dans le passé, Le Quotidien et Le Progrès ont publié quelques articles disant que des citoyens se plaignaient « de pollution atmosphérique, visuelle et sonore » de la part de l’entreprise. Des regroupements de citoyens ont été créés et des pétitions ont été présentées à la Ville.

Le président de Moulures SMDT, Sylvain Mailhot, explique qu’à l’époque, il a obtenu un permis de la Ville pour installer un poêle à bois.

« À la suite de l’obtention de ce permis, les citoyens trouvaient que je n’avais pas le droit de chauffer au bois et ils ont fait des plaintes. La Ville a essayé de me retirer le permis. Étant donné qu’elle ne pouvait pas, elle a passé une nouvelle réglementation qui me dit que je n’ai pas le droit de faire de feu dans mon poêle. On te donne un permis pour t’installer un poêle, mais on t’interdit de faire du feu dedans. C’est un peu ça, la loi qui a été passée », a mentionné M. Mailhot au Quotidien, jeudi.

Selon lui, la loi a vraiment été faite contre Moulures SMDT et enlever le poêle à bois n’est pas possible, surtout à cette période-ci de l’année.

Dans le passé, Le Quotidien et Le Progrès ont publié quelques articles racontant que des citoyens se plaignaient «de pollution atmosphérique, visuelle et sonore» de la part de l’entreprise. Des regroupements de citoyens ont été créés et des pétitions ont été présentées à la Ville.

« Le poêle chauffe tous les bâtiments. C’est impossible de le fermer. C’est mon chauffage principal pour l’usine », a expliqué le président qui ne nie pas avoir reçu la visite de la Ville depuis l’instauration du nouveau règlement.

Questionné à savoir s’il ne pourrait pas déménager son entreprise, M. Mailhot estime qu’il en coûterait 2,5 millions $. « Si j’ai un chèque, je vais déménager », a-t-il dit, rappelant que douze familles dépendent de son entreprise, sans compter toutes les entreprises qui font affaire avec elle.

« Tout ça est entre les mains des avocats, c’est de l’acharnement », déplore-t-il.

Le directeur des communications à la Ville de Saguenay, Jeannot Allard, n’a pas voulu commenter étant donné qu’un processus judiciaire pourrait avoir lieu. Quant au conseiller du secteur, Raynald Simard, il a dit au Quotidien avoir fait son travail en faisant adopter un nouveau règlement municipal.

Terrains de camping

La nouvelle réglementation a suscité des questionnements quant aux terrains de camping, puisque de nombreuses personnes y font des feux, l’été. Jeannot Allard précise que le règlement touche les usages commerciaux ou industriels, alors qu’un terrain de camping est considéré comment étant à usage récréatif.

Avis de non-conformité

Le 9 mai dernier, un avis de non-conformité avait été transmis à Moulures SMDT puisque l’entreprise n’avait pas fait caractériser les rejets atmosphériques qui provenaient de son unité de chauffage au bois. Raphaëlle Savard-Moisan, relationniste au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, confirme toutefois qu’une caractérisation a eu lieu le 16 décembre dernier par une firme spécialisée, sous la supervision du ministère.

« Conformément aux dispositions du Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère, l’entreprise dispose d’un maximum de 120 jours pour soumettre le rapport de caractérisation au ministère. Ce rapport permettra au ministère de vérifier le respect de la norme applicable pour le type d’équipement en cause, soit 150 milligrammes de matières particulaires par mètres cubes d’air évacuées par le système », a expliqué Mme Savard-Moisan par courriel.

Sylvain Mailhot, de son côté, assure que l’entreprise respecte les normes. La rédaction du rapport est en cours et ce dernier sera remis dans les temps requis.