Les agents de la faune ont utilisé un hélicoptère pour mettre la main au collet des motoneigistes fautifs.

Motoneige: des amendes pour avoir circulé hors des sentiers

Une opération menée par des agents du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), samedi, dans la Réserve faunique des Laurentides, a fait grandement réagir sur les réseaux sociaux. Des motoneigistes ont reçu un constat d’infraction de 361 $ pour avoir circulé en dehors des sentiers balisés.

Une publication sur un groupe de motoneigistes sur Facebook a été partagée plus de 4400 fois, suscitant de vives réactions. L’opération a fait passablement de bruit, étant donné que le MFFP a utilisé un hélicoptère pour intercepter les fautifs. Au total, 16 constats d’infraction ont été donnés, ce qui représente un montant de 5776 $. L’un d’entre eux a filmé la fin de la scène, déplorant qu’il était maintenant impossible de faire de la motoneige où il le voulait.

Or, le ministère a réagi en précisant qu’il était strictement interdit de circuler en motoneige à l’extérieur des sentiers balisés dans les réserves fauniques et parcs nationaux. La Réserve faunique des Laurentides fait partie de ces territoires protégés, d’autant plus qu’un troupeau de caribous forestiers a été répertorié dans le secteur.

«On a un petit troupeau de 50 à 70 caribous forestiers qui hivernent dans le secteur, a expliqué Mireille Poirier, adjointe au soutien opérationnel au MFFP. C’est une espèce très protégée et c’est pour cette raison que la réglementation stipule qu’il est interdit de circuler, autant en quatre roues qu’en motoneige, en dehors des sentiers balisés.»

Des agents de la faune de la Capitale-Nationale et de Chaudières-Appalaches ont mené l’opération. Un hélicoptère ratissait le secteur et une équipe se trouvait au sol. Des internautes ont décrié qu’un hélicoptère soit mis à contribution, stipulant qu’une telle manoeuvre avait davantage de chance de nuire aux caribous que le ronronnement du moteur d’une motoneige.

Les agents de la faune ont utilisé un hélicoptère pour mettre la main au collet des motoneigistes fautifs.

Mireille Poirier a indiqué que l’utilisation d’un hélicoptère n’était pas monnaie courante, mais qu’il s’agissait du meilleur moyen pour localiser les motoneigistes en délit.

«Il faut utiliser les moyens nécessaires pour intercepter les individus, a-t-elle mentionné. Avec l’hélicoptère, notre équipe est rapidement capable d’identifier les fautifs. Le but est de le faire pour éviter toute récidive et on ne veut plus que ça recommence. Si le fait de descendre un hélicoptère peut envoyer un message d’oppression, ça vaut la peine de le faire.»

La fonctionnaire du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a aussi expliqué que le fait de créer des traces de motoneiges à l’extérieur des sentiers balisés rendait service aux prédateurs du caribou forestier. Pendant l’hiver, le cervidé aménage des quartiers d’hivernage (aussi appelés ravages) pour se rassembler, se nourrir et se tenir loin des menaces.

Le passage des motoneiges près de ces zones peut ainsi provoquer du stress chez les caribous, localisés, de façon générale, loin des sentiers balisés et de toute activité humaine.

L’opération de samedi était prévue depuis un certain temps, assure le MFFP.

«Il y a du travail récurent qui se fait, mais une opération de plus grosse envergure comme ce fut le cas en fin de semaine est plus rare», a indiqué Mireille Poirier, ajoutant que l’utilisation de l’hélicoptère était de nouveau possible d’ici la fin de l’hiver.

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TROIS MOTONEIGISTES SAUVÉS EN PLEINE TEMPÊTE

(Anne-Marie Gravel)  — La mésaventure de trois motoneigistes égarés en pleine tempête aurait pu tourner au drame sur la zec Onatchiway, dans la nuit de lundi à mardi. Les trois hommes ont été sauvés in extremis par la SQ après avoir passé plusieurs heures dans la forêt.

Les trois hommes d’Alma étaient partis à bord d’une seule motoneige, lundi matin, afin d’aller récupérer une motoneige en panne au kilomètre 73 de la zec Onatchiway. En soirée, la famille qui n’avait pas eu de nouvelles des trois individus a contacté la Sûreté du Québec. 

« La disparition nous a été signalée à 21 h 10. Les policiers sont partis afin de les retracer à bord de motoneiges. Leur véhicule a pu être retracé, mais les chercher dans les bois, c’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin en ce soir de tempête », raconte Hugues Beaulieu, porte-parole régional de la Sûreté du Québec.

Les trois hommes ont pu être localisés par des policiers à motoneige vers 4 h dans la nuit de lundi à mardi. 

« Ils s’étaient enlisés à plusieurs kilomètres en forêt. Ils ont été chanceux d’être retrouvés. Il était temps qu’on les retrace. Ils souffraient d’hypothermie et avaient des engelures. »

Les trois hommes ont été ramenés à bord des motoneiges de la SQ avant d’être confiés aux ambulanciers qui les attendaient à un point de rencontre. Ils ont été transportés au centre hospitalier. Ils ne devraient pas conserver de séquelles physiques des événements. 

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CARIBOU : L'ALLIANCE FORÊT BORÉALE AU COEUR DES DISCUSSIONS

(Jonathan Hudon) — Alliance forêt boréale sera impliquée dans la tournée de consultation organisée par le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, avant d’aller de l’avant vers le futur plan de protection du caribou forestier.

Une tournée provinciale a été organisée par le ministre Dufour pour permettre aux principaux acteurs de s’exprimer sur un sujet sensible. Alliance forêt boréale veut connaître les impacts réels de l’industrie sur les populations de caribou forestier au Québec. Le député conservateur de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel, a déjà soulevé que d’autres facteurs devaient être pris en considération pour expliquer la diminution des hardes de caribou.

Président d’Alliance forêt boréale et maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier a invité la population régionale à participer à la tournée.

« Alliance forêt boréale souhaite être un acteur important dans le développement de la stratégie québécoise sur la protection du caribou forestier, a réagi M. Cloutier par voie de communiqué. Nous voulons savoir sur quoi se base le gouvernement pour élaborer sa stratégie et nous n’accepterons pas que les mesures adoptées entraînent une diminution de la possibilité forestière. Nous serons là pour défendre les intérêts des travailleurs. »

Selon des informations obtenues au cours des derniers mois et dévoilées dans Le Quotidien la semaine dernière, Québec s’apprêterait à accepter les normes du gouvernement fédéral. Cette position se traduirait par la perte d’environ 9000 emplois à travers les villes forestières, dont celles situées au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Dolbeau-Mistassini est d’ailleurs l’une d’elles.

Les détails entourant la tournée provinciale du ministre Dufour n’ont pas encore été dévoilés.