Le projet de quelque 6 millions $ permettra de rejoindre les sentiers des monts Valin par des pistes qui enjamberont à court terme la rivière Péribonka.

Motoneige au Lac-Saint-Jean: le lien intégrateur prêt à l'automne

«Une autoroute de 236 kilomètres de terres publiques au nord de la région.» Voilà comment Dominique Gobeil décrit le futur sentier fédéré de motoneige permanent qui est en développement depuis près d'un an. La douzaine de municipalités de la MRC de Maria-Chapdelaine pourra aménager sa propre bretelle afin de se raccorder au lien intégrateur.
D'immenses barges (flotteurs) ont été utilisées pour procéder à l'érection de cette passerelle d'une longueur de 70 mètres.
Ce nouveau produit d'appel sera un « must » irrésistible pour l'industrie de la motoneige au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le projet de quelque 6 millions $ jouit d'une forte mobilisation des élus de la MRC de Maria-Chapdelaine. Il viendra rejoindre les sentiers des monts Valin par des pistes qui enjamberont à court terme la rivière Péribonka. « Il s'agira d'un produit complémentaire. Au Lac, nos montagnes, ce sont nos grandes rivières. Des gens de partout voudront les découvrir », estime le directeur général du Parc régional des Grandes-Rivières.
« La MRC de Maria-Chapdelaine s'est donné une thématique commune pour assurer la diversification de son économie par le tourisme d'aventure et l'écotourisme. Le véhicule pour porter cette vision est le Parc régional des Grandes-Rivières. Les deux axes de développement international dans cette stratégie sont la motoneige et nos grandes rivières qui partent du bassin de la Baie-James et qui alimentent le lac Saint-Jean. »
Depuis 2016, des entrepreneurs sont à pied d'oeuvre pour que le projet puisse être prêt à temps pour la saison de motoneige 2017-2018. Le nouveau sentier sera utilisé de manière exclusive par les motoneigistes.
L'installation de trois passerelles qui enjambent la Rivière-aux-Rats a nécessité l'aménagement d'un champs de glace d'une longueur d'un kilomètre.
Des équipes sont à pied d'oeuvre pour compléter l'installation des passerelles. D'ici deux semaines, les travaux seront complétés dans le secteur de la Rivière-aux-Rats.
« L'apport économique sera important puisque nous viendrons presque allonger la saison de motoneige en amont grâce à l'ajout de cinq passerelles qui enjamberont les grandes rivières Mistassibi, Mistassini, ainsi que la rivière aux Rats. Cela permettra aux sentiers d'être accessibles aussi tôt qu'au début du mois de décembre », affirme M. Gobeil.
À ce jour, quatre des cinq passerelles ont été érigées. Les travaux dans les sentiers sont également en progression depuis la période des Fêtes. Le promoteur s'est d'abord concentré sur les accès aux rivières.
« La force de ce projet est son positionnement en terres publiques puisque ce que l'on y investit demeure. Sa pérennité se trouve donc assurée. Il est situé en couvert forestier, protégeant ainsi les sentiers du redoux. Également, la question des droits de passage n'entrera pas en jeu. »
La seconde phase du lien intégrateur sera la réalisation de boucles nordiques en hors-pistes. « Nous aurons un sentier de motoneige entretenu avec une surface de roulement de cinq mètres. Afin de répondre aux besoins des amateurs de sentier hors-piste, des parcs à neige balisés, mais non entretenus, sont prévus», termine M. Gobeil.
Un défi technologique
Dominique Gobeil, directeur général du Parc régional des Grandes-Rivières, et Frédéric Pedneault, président de l'entreprise Paul Pedneault inc., ont fait visiter une portion du chantier à la journaliste du <em>Progrès-Dimanche</em>.
L'érection d'un champ de glace a été nécessaire pour permettre l'installation de trois passerelles d'acier et de bois, au-dessus de la rivière aux Rats. Le défi technique pour déployer la machinerie qui a servi à installer les immenses structures de 54, 15 et 70 mètres de long était de taille.
La méthode consiste à faire épaissir la glace en arrosant le plan d'eau comme on le ferait pour une patinoire. Des pompes ont été utilisées afin de puiser de l'eau dans la rivière. Celle-ci était ensuite pulvérisée sur le couvert de glace, jour et nuit, jusqu'à l'obtention d'une épaisseur suffisante.
« En ce moment, nous sommes capables d'avoir de 130 à 135 000 livres sur le champ de glace, qui s'étend sur un kilomètre de long. Plusieurs milliers de litres d'eau ont été débités chaque heure », mentionne Frédéric Pedneault, président de l'entreprise Paul Pedneault inc., l'entrepreneur responsable de cette portion des travaux. Le processus a été rigoureux pour atteindre une glace épaisse et solide.  
« Le défi technique était aussi de répondre aux exigences du client, qui était le temps. L'appel d'offres a été lancé avant les vacances de Noël. Il a fallu se mobiliser rapidement pour planifier les travaux, faire l'érection des trois passerelles ainsi que le terrassement et le déboisement de l'ensemble du chantier », poursuit l'ingénieur.
« Jusqu'à la fin de notre mandat, nous devons nous assurer de garder un couvert de neige sur notre champ de glace pour le protéger du soleil printanier. Nous sommes une entreprise en génie civil lourd. On déplace de la grosse machinerie, des pièces imposantes et on devait jouer dans un espace restreint. Nous avons bien réussi le défi. »
Lamarche se positionne
Lamarche veut devenir un véritable carrefour pour la pratique de la motoneige et de l'aventure douce quatre saisons d'ici cinq ans.
Pour ce faire, elle s'appuiera sur l'environnement du lac Tchitogama et de la rivière Péribonka.
Le conseil municipal de l'endroit a adopté sa stratégie de développement touristique à l'occasion d'une assemblée spéciale tenue en début de semaine.
« La municipalité entend faire les efforts nécessaires pour profiter d'une localisation géographique privilégiée en hiver, au carrefour de trois territoires à fort potentiel pour la pratique de la motoneige que sont les monts Valins, la MRC Lac-Saint-Jean-Est et la MRC de Maria-Chapdelaine », affirme le maire, Gilbert Savard.
Il ajoute que l'environnement naturel et l'accès à l'eau deviendront des piliers pour bâtir une offre d'aventure douce pour la clientèle familiale.
Parmi les principaux projets identifiés pour développer sa stratégie, la municipalité entend supporter les initiatives du milieu et de ses partenaires.
L'aménagement de sentiers de motoneige de liaison et locaux, des sentiers, des haltes et des belvédères, ainsi qu'une base de plein air multi activités sur le site du camping municipal est à l'ordre du jour. L'amélioration de l'accès, l'accueil et l'ambiance de la municipalité figure aussi parmi les priorités du conseil municipal.
La directrice générale de Lamarche, Fabienne Girard, indique que l'élaboration de cette stratégie a nécessité six mois de préparation et de consultations. « Cela a permis de dégager un large consensus auprès des intervenants, des commerces, des organismes et des citoyens de la municipalité. »
Un comité touristique permanent sera bientôt formé pour chapeauter de la mise en oeuvre de la stratégie. Il veillera aussi à assurer l'implication et la mobilisation des acteurs concernés par la démarche.
584 $ par jour
La motoneige est une activité économique parmi les plus lucratives de l'industrie touristique. Et le Saguenay-Lac-Saint-Jean est un chef de file au Québec dans ce domaine.
Un motoneigiste dépense quotidiennement en moyenne 584 $. « Annuellement, le passage des motoneigistes dans la région injecte directement plus de 150 millions $ dans l'économie locale, principalement en hébergement, en carburant et en restauration.», affirme Dominique Gobeil.
Pour l'industrie touristique de la région, le promoteur estime que le bouleversement provoqué par le futur sentier sera comparable à celui qu'a créé la Véloroute des bleuets.
« Il apportera une clientèle nouvelle, tant pour les relais de motoneige que pour les attraits, hôteliers et restaurateurs. C'est un tracé pratique, mais qui sera aussi de toute beauté. Au-delà de la clientèle québécoise, ce produit grande nature intéressera des touristes américains et européens. Il faudra que ces gens-là souhaitent revenir. En tourisme, la revisite est importante. »