L’inspecteur-chef Guy Lapointe, directeur des communications, prend la parole lors de ce point de presse qui a lieu à Montréal, «au sujet des événements des derniers jours à Saint-Apollinaire».
L’inspecteur-chef Guy Lapointe, directeur des communications, prend la parole lors de ce point de presse qui a lieu à Montréal, «au sujet des événements des derniers jours à Saint-Apollinaire».

Mort de Romy et Norah: un «double meurtre», selon la SQ [VIDÉO]

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil
MONTRÉAL — Martin Carpentier a tué ses deux filles dans les douze heures qui ont suivi une embardée involontaire sur l'autoroute 20 à Saint-Apollinaire, selon la Sûreté du Québec.

«Pour nous, c'est clair, il s'agit d'un double meurtre», a indiqué l’inspecteur-chef Guy Lapointe, lors d'un point de presse mercredi après-midi au Grand quartier général de la SQ à Montréal. 

L'accident dans lequel Martin Carpentier et ses deux filles, Norah Carpentier, 11 ans, et sa sœur Romy, 6 ans, ont été blessés le soir du 8 juillet sur l'autoroute 20, n'a pas été prémédité par le père, estime la SQ. 

«Ce n'est pas un geste délibéré. C'est une perte de contrôle», a dit Guy Lapointe, qui est aussi directeur des communications de la SQ. La reconstitution de la collision a notamment montré que Martin Carpentier aurait tenté de reprendre le contrôle du véhicule, sans succès. 

Avant l'accident, le comportement de Martin Carpentier semblait normal, a indiqué la SQ. Le père avait emmené ses enfants manger une crème glacée à Lévis. Puis, il a roulé vers l'ouest, avant de revenir en direction est sur l'autoroute 20. L'embardée, qui a eu lieu vers 21h30, pourrait être le «point de bascule » de la tragédie, a remarqué Guy Lapointe, qui n'a pas voulu s'avancer sur l'état d'esprit de Carpentier à ce moment. 

Peu après l'accident, des témoins ont aperçu le père et ses deux filles traverser l'autoroute 20 pour se rendre dans la forêt, a indiqué la SQ. C'est la dernière fois où le père et ses filles ont été aperçus vivants. 

Dans les heures qui ont suivi l'accident, Martin Carpentier est entré dans une roulotte à 1,7 kilomètre des lieux de l’accident, où son ADN a été retrouvé. Les deux fillettes étaient encore avec lui à ce moment, indique la SQ. Sur place, les policiers ont notamment trouvé un briquet et une pelle. 

Martin Carpentier a poursuivi sa route dans la forêt. Puis, il a assassiné ses filles avec un «objet contondant», a indiqué Guy Lapointe. Les corps des fillettes ont été retrouvés trois jours plus tard, entre le rang Bois-Joly et le rang Saint-Lazare, le samedi 11 juillet.

Après les meurtres, Martin Carpentier aurait marché plus de trois kilomètres à partir du lieu où ont été trouvés les corps de ses filles et il se serait enlevé la vie. Il a été retrouvé lundi soir derrière un garage du rang Saint-Lazare, un peu à l'extérieur du périmètre de recherche de la SQ. Il se trouvait à ce moment à 5,5 km du lieu de l’accident. 

Le lendemain matin après l'embardée, Martin Carpentier et ses deux filles étaient morts. «Ce que l’enquête démontre, avec les résultats d’autopsie, avec tous les autres éléments qu'on possède, c’est qu’au lever du jour le 9 juillet dernier, l’irréparable était déjà commis», a dit Guy Lapointe. À ce moment, l’alerte AMBER n'avait pas encore été déclenchée. 

Le court délai séparant les trois décès de l'accident explique pourquoi les recherches aériennes avec des appareils capables de détecter la chaleur n’a rien donné, a indiqué M. Lapointe. 

Les nouvelles informations fournies par la SQ dissipent une partie du mystère qui planait sur la tragédie. Elles n'expliquent cependant pas les motifs qui ont amené Martin Carpenter à tuer ses enfants. 

«La réalité, c'est que le principal intéressé étant décédé, donc il y a des choses que nous ne saurons jamais réellement», a dit Guy Lapointe.

La SQ croit avoir fait tout en son pouvoir durant les recherches, mais elle ne peut être satisfaite puisque trois personnes sont mortes, a souligné M. Lapointe. 

Comme la SQ estime qu'aucune tierce personne n'a participé aux événements, l'enquête criminelle est terminée. La suite appartient au Bureau du coroner, qui mènera une enquête sur les trois décès. La Sûreté du Québec collaborera à cette enquête.