Moratoire pour protéger les bélugas: Québec s’en remet à Ottawa

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Québec s’en remet à Ottawa face à la recommandation de chercheurs qui appellent à un moratoire sur les projets de développement sur le Saguenay dans le but de protéger le béluga.

Le gouvernement provincial entend collaborer avec Ottawa dans ce dossier, « car c’est lui qui a la responsabilité de la protection de l’habitat du béluga et du transport maritime », a-t-on indiqué, du côté du cabinet du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour.

« Le gouvernement est bien sûr préoccupé par la protection de l’habitat du béluga du Saint-Laurent, une espèce en péril et d’intérêt commun reconnu par le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada », ajoute-t-on dans la déclaration transmise par écrit mercredi.

Appel à écouter les chercheurs

Québec Solidaire et le Parti québécois (PQ) appellent pour leur part le gouvernement à écouter les chercheurs de l’Université du Québec en Outaouais et du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins. Les scientifiques recommandent l’imposition d’un moratoire jusqu’en 2023 sur les projets qui entraîneraient une hausse du trafic maritime sur le Saguenay.

« Le gouvernement doit être à l’écoute des scientifiques et ne doit pas sacrifier les bélugas pour transporter du gaz sale de l’Alberta vers l’étranger », a déclaré Ruba Ghazal, responsable solidaire en matière de transition écologique, en référence au projet de GNL Québec. Le projet prévoit l’exportation par méthanier sur le Saguenay de gaz naturel de l’Ouest canadien à partir de son usine de liquéfaction prévue à La Baie, au Saguenay.

« On doit pencher du côté de la science et de l’approche de précaution, et à cet égard [considérer] un moratoire pour se donner le temps de voir les impacts plus en profondeur. Moi j’y suis plutôt favorable », a pour sa part affirmé le député Joël Arseneau, porte-parole du PQ en matière de stratégie maritime, en point de presse à l’Assemblée nationale.

Greenpeace et Nature Québec ont également donné leur appui à l’appel au moratoire, par voie de communiqué, mercredi.

Une « voie de passage » privilégiée

De passage à Saguenay mercredi, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet a affirmé qu’une « voie de passage » devait plutôt être privilégiée entre la réalisation de projets économiques et la protection du béluga.

« Le simple mot “moratoire”, dans le sens : “Arrêtez donc tout, tout de suite”, moi je suis pas prêt à acheter ça, parce qu’il y a déjà des mesures en place, parce qu’il y a déjà des évaluations environnementales qui sont exigées », a-t-il déclaré, face à la recommandation des chercheurs qui interpellent Québec et Ottawa.