Des chercheurs ont lancé mercredi un appel au moratoire jusqu’en 2023 sur les projets de développement qui augmenteraient le trafic maritime sur le Saguenay afin de protéger la population de bélugas du Saint-Laurent.
Des chercheurs ont lancé mercredi un appel au moratoire jusqu’en 2023 sur les projets de développement qui augmenteraient le trafic maritime sur le Saguenay afin de protéger la population de bélugas du Saint-Laurent.

Moratoire pour protéger les bélugas: Ottawa s’en remet aux évaluations environnementales

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Transports Canada et Pêches et Océans Canada s’en remettent aux évaluations environnementales pour évaluer les impacts sur les bélugas des projets de développement sur le Saguenay, face à l’appel au moratoire lancé par des chercheurs.

Il «n’appartient pas à Transports Canada d’envisager ou de mettre en œuvre un moratoire sur l’élaboration de projets sur la rivière Saguenay», a-t-on indiqué, du côté du cabinet du ministre des Transports, Marc Garneau.

Transports Canada s’en est ainsi remis au processus d’évaluation environnemental, lorsque questionné par Le Quotidien sur la position de l’agence fédérale face à la recommandation des scientifiques.

«Il serait opportun d’attendre que l’Agence d’évaluation d’impact du Canada termine l’évaluation environnementale pour Énergie Saguenay afin de mieux comprendre l’importance des répercussions possibles sur la population de bélugas dans le Saint-Laurent, a-t-on mentionné en parlant uniquement du projet de GNL Québec, dans une déclaration transmise par écrit. Transports Canada participera à ce processus d’examen fédéral.»

Rappelons que le projet de gazoduc lié au projet de GNL Québec doit en fait faire l’objet d’un examen conjoint. Québec et Ottawa ont annoncé en mai qu’une évaluation commune sera menée pour évaluer le projet de gazoduc. L’usine de liquéfaction de gaz naturel d’Énergie Saguenay projetée à La Baie, au Saguenay, fait quant à elle l’objet d’un processus d’évaluation provincial.

L’appel au moratoire jusqu’en 2023 lancé mercredi à Québec et à Ottawa par des chercheurs québécois afin de protéger les bélugas cible toutefois tous les projets de développement qui entraîneraient une hausse du trafic maritime sur la rivière Saguenay.

Québec s’en était remis mercredi à une collaboration avec Ottawa dans ce dossier, «car c’est lui qui a la responsabilité de la protection de l’habitat du béluga et du transport maritime», avait-on alors indiqué, du côté du cabinet du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour.

Or, après Transports Canada qui estime qu’un tel moratoire n’est pas de son ressort, Pêches et Océans Canada a pour sa part mentionné que la protection des espèces en péril est une responsabilité partagée entre les gouvernements fédéral et provincial.

Ottawa «s’est engagé à travailler avec les provinces et les territoires ainsi qu’avec tous les Canadiens pour comprendre les répercussions des projets de développement sur les espèces aquatiques, ainsi que pour mettre en œuvre la Loi sur les pêches et la Loi sur les espèces en péril», a-t-on transmis au Quotidien, à la suite d’une demande formulée au cabinet de la ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Bernadette Jordan.

«Pêches et Océans Canada contribue aux évaluations environnementales des projets de développement, selon les besoins. Au cours de ce processus, nous évaluons les éventuels effets sur les poissons et leur habitat, et les moyens d’atténuer les effets des projets», a-t-on ajouté.

Sans se positionner face à l’appel au moratoire, Pêches et Océans Canada a indiqué être «fermement résolu à protéger les populations en péril de bélugas».

L’agence fédérale rappelle que des plans et programmes ont été mis sur pied pour assurer le rétablissement du béluga du Saint-Laurent.