Une table ronde animée par l’enseignante et chercheuse Sophie Beauparlant a permis à Jocelyn Robert, coordonnateur régional de Télé-Québec, Michel Gagné, directeur sortant de la station régionale de Radio-Canada de la région, et Robert Tremblay, de Groupe PVP, de discuter de l’importance de produire du contenu télévisuel dans les régions québécoises.

Montréal, ce n’est pas le Québec

La firme Influence Communication l’a dit : même si les régions forment la moitié du territoire québécois, elles occupent moins d’un pour cent de l’espace médiatique. Dans ce contexte, la production télévisuelle au Saguenay-Lac-Saint-Jean et ailleurs en province devient impérative.

Pour discuter de cet enjeu et des perspectives d’avenir, l’enseignante en Art et technologie des médias, chargée de cours à l’UQAC et chercheuse, Sophie Beauparlant, a profité du congrès de l’ACFAS pour réunir trois acteurs de la télévision régionale autour d’une même table. Mercredi, Robert Tremblay, de la compagnie de production Groupe PVP, Michel Gagné, directeur sortant de la station régionale de Radio-Canada, et Jocelyn Robert, coordonnateur régional de Télé-Québec et de la Fabrique culturelle, en avaient long à dire sur le sujet.

À la question « Pourquoi est-ce important de produire de la télévision en région ? », Robert Tremblay, dont la boîte a pignon sur rue à Matane, a indiqué qu’il est essentiel de montrer que ce n’est pas le territoire qui va délimiter le champ de compétences des régions.

« On a 40 employés à Matane qui font de la télé nationale. On est des régionalistes. On a fait le pari de réaliser des projets et de les présenter à l’antenne nationale et ça marche depuis 20 ans », a martelé l’ex-journaliste, entrepreneur, documentariste et réalisateur originaire du Saguenay-Lac Saint-Jean.

Jocelyn Robert estime que l’on assiste à un recul de la présence régionale « dans le filtre montréalais ». Selon lui, il y a aussi eu un « trou de mémoire » collectif au Québec, entre 1995 et 2014. La Fabrique culturelle, un organe de Télé-Québec, sert donc à « créer de nouvelles archives pour la pérennité » et à occuper le territoire.

« Les régions, ce n’est pas vrai que c’est la ruralité du Québec, il y a une urbanité dans la région », a-t-il fait remarquer.

Michel Gagné a martelé que « Montréal, ce n’est pas le Québec et qu’il est important de continuer de produire en région, particulièrement de l’information de qualité ».

« Il y a une vitalité sociale et économique dans les régions. C’est un choix qu’on a fait d’occuper le territoire. Il faut donner la parole à des gens qui ont autre chose à dire que ce qui est véhiculé dans les grands centres », a soutenu le nouveau retraité

La journaliste du Quotidien a dû quitter la table ronde à mi-chemin, alors que les voix étaient bien échauffées. L’activité avait lieu dans le cadre du colloque « La télévision québécoise dans tous ses états ».