La mairesse de Saguenay, Josée Néron, affirme que la fin de l’opacité à l’hôtel de ville de Saguenay est ce qui a marqué les 100 premiers jours de son administration (86 dans les faits). Elle a résumé devant le Cercle de presse du Saguenay les pricnipaux gestes posés par le nouvau consiel.

Montage financier «illégal»

Le divorce entre la nouvelle administration municipale et le promoteur immobilier Paul Boivin pour la réfection des étages supérieurs du Carrefour Racine est consommé puisque le montage financier déposé à la Ville est tout simplement illégal.

La mairesse Josée Néron a confirmé la nouvelle devant le Cercle de presse du Saguenay alors qu’elle était interrogée sur l’état d’avancement du projet de regroupement des organismes culturels. La firme Cain Lamarre a été mandatée pour faire le suivi dans cette affaire puisqu’il y a des possibilités que le groupe Boivin s’adresse aux tribunaux pour obliger la Ville à accepter son projet.

«Le mandat a été accordé lors de la dernière séance du comité exécutif. À titre d’exemple, il y a une disposition du montage financier qui rend la Ville responsable auprès du prêteur si jamais il y a un défaut de paiement par le promoteur. La Ville n’a tout simplement pas le droit de prendre un engagement de cette nature», insiste Josée Néron.

Le conseil municipal dirigé par Jean Tremblay avait décidé d’appliquer la clause du contrat le liant à l’homme d’affaires et de redevenir propriétaire de la partie du Carrefour Racine qui abrite le CLSC, ainsi que le stationnement, puisque le promoteur n’avait pas présenté de projet de réfection dans les délais prévus au contrat. Paul Boivin et son fils ont tenté de renverser cette décision en déposant au nouveau conseil municipal un projet de financement que la mairesse a surtout évité de commenter, si ce n’est que pour parler de l’aspect illégal d’une toute petite clause qui représentait un risque majeur pour les contribuables.

Dans un communiqué émis il y a une dizaine de jours, le promoteur avait annoncé un projet de l’ordre de plus ou moins 12M$. Il faut comprendre, selon les explications de la mairesse, que la Ville aurait d’une certaine façon cautionné le financement du projet tout en défrayant des coûts de loyers pour des organismes ainsi que les cases de stationnement.

La mairesse n’est pas en mesure de dire ce que la ville entend faire de cet immeuble qui a besoin d’une importante cure de rajeunissement. Une partie du stationnement à étage a été fermée pour des raisons de sécurité: «Il y a quand même un locataire intéressant avec le CLSC», a indiqué la mairesse.

Le résultat du litige entre la famille Boivin et la ville ne semble pas avoir d’impact sur le projet de relocalisation des organismes culturels à Chicoutimi. Alors qu’elle était chef de l’opposition, Josée Néron avait exigé que la ville analyse sérieusement l’option des immeubles des soeurs du Bon Conseil. La mairesse n’a pas écarté cette solution, mais explique que tout le projet de relocalisation est sous analyse au comité des loisirs. La ville a reçu des propositions du Cégep de CHicotuimi qui tente aussi de rentabiliser ses espaces.

Josée Néron a insisté sur le fait que la relocalisation des différents organismes culturels dans le complexe du Bon Conseil nécessiterait des investissements. D’autres promoteurs s’intéressent à ces immeubles.

L’analyse des dossiers avant tout

Le conseil municipal de Saguenay a vaqué au plus urgent, depuis l’élection de novembre, et n’a toujours pas arrêté de position définitive sur les grandes orientations qui seront mises de l’avant et surtout le retrait de la Ville du financement de certaines activités.

Devant le Cercle de presse, mardi matin, la mairesse a utilisé à plusieurs reprises la formule du « dossier en analyse » pour expliquer que telle ou telle décision n’a pas été prise. C’est le cas de l’intégration de Promotion Saguenay aux structures de la ville afin d’assurer une meilleure reddition de compte pour les citoyens.

« Tout est sur la table pour Promotion Saguenay », a répondu Josée Néron quand on lui demande ce qu’il adviendra de l’organisme de développement économique dirigé par Arthur Gobeil.

La question de l’avenir du Centre Georges-Vézina a été abordée et, encore là, le projet qui pourrait nécessiter des investissements de l’ordre de 50 M$ (Trois-Rivières), est en ce moment à l’étude. La mairesse ne ferme cependant pas la porte à la reconstruction de l’aréna et même à un projet plus imposant.

Selon Josée Néron, il faut bien analyser les besoins de la ville et la capacité de payer. Le nouveau conseil municipal n’a pas l’intention de réaliser des emprunts à long terme pour financer les opérations régulières. Il y a toutefois des possibilités pour des emprunts à long terme qui vont permettre de projeter la ville dans les 30 à 50 prochaines années.

« Il y a plusieurs organismes qui ont des besoins et il faut les évaluer, comme la piscine du Cégep de Chicoutimi », a ajouté Josée Néron en référence à un complexe sportif au lieu d’un seul aréna. Il souffle aussi un fort vent du côté de Jonquière pour la construction d’un stade de soccer intérieur dans le secteur commercial du boulevard Saint-François.

Dans le cadre de ces différentes analyses, Saguenay tiendra compte de l’effet des nouveaux équipements sur un secteur en terme de revitalisation. Le conseil municipal est encore loin de prendre des décisions aussi importantes et la mairesse n’a pas écarté la possibilité d’avoir recours à un référendum pour statuer sur l’acceptabilité d’un projet majeur.

La Ville aura à trancher dans des dossiers d’infrastructures du côté de la Zone d’intervention prioritaire qui englobe les installations de Grande-Anse. Le projet de parc industriel a été élaboré alors qu’il n’y a pas moyen d’alimenter en eau potable de qualité cette zone à moins d’un investissement qui pourrait atteindre également les 40 à 50 M$. Josée Néron est revenue sur le projet d’une usine de déssalinisation de l’eau du Saguenay pour alimenter le projet BlackRock. C’est l’entreprise qui souhaite voir le coût de cette usine puisque Saguenay lui refilera la facture pour son approvisionnement en eau de procédé.

D’autres questions sont encore sans réponse. C’est le cas de la présence de la Ville qui cautionne des organismes comme le Camping Jonquière ou assume du financement pour la pêche blanche à La Baie. La mairesse n’a pas confirmé les montants, mais selon nos informations, Saguenay serait sur le point d’atteindre le million de dollars en dépenses pour des infrastructures qui vont disparaître avec le départ des glaces à La Baie.

Simon Boivin conteste

Simon Boivin, le fils du promoteur Paul Boivin, assure que la ville ne se laisser pas retirer l’immeuble du centre-ville qui abrite le CLSC sans réagir. Ce dernier a indiqué au Quotidien qu’il connaissait beaucoup mieux le dossier de cet immeuble que la mairesse Josée Néron et qu’une résolution du conseil municipal n’était pas obligatoirement un geste légal.

Il mentionne qu’il n’a pas déposé de nouveau plan de financement pour le projet de réfection des étages du Carfeour Racine ainsi que le stationnement à étage. Les promoteurs évaluent la possibilité de s’adresser aux tribunaux pour faire respecter l’entente qui a pourtant été annulée par une résolution du conseil municipal. Simon Boivin affirme que des centianes de milliers de dolalrs ont été investis poru préparer ce projet. Il n’entend docn pas se faire dire non par la ville au moment ou le groupe qu’il représente est prêt à procéder aux travaux de rénovation de l’immeuble.