Le général John W. Raymond, commandant de la force de l’Espace américain, à Washington, le 6 mai dernier  
Le général John W. Raymond, commandant de la force de l’Espace américain, à Washington, le 6 mai dernier  

Washington accuse Moscou d’avoir testé une arme antisatellite

WASHINGTON - Les États-Unis ont accusé jeudi la Russie d’avoir testé une arme qui pourrait être utilisée pour détruire des satellites dans l’espace, s’inquiétant d’une menace «réelle, sérieuse et croissante», des accusations réfutées par Moscou.

Le Commandement spatial américain «a des preuves» que Moscou a «conduit un test non destructeur d’une arme antisatellite depuis l’espace» le 15 juillet, a-t-il déclaré dans un communiqué.

«Le test de la semaine dernière est un nouvel exemple que les menaces contre les installations spatiales des États-Unis et de ses alliés sont réelles, sérieuses et croissantes», a poursuivi le Space Command.

«C’est inacceptable», a tweeté le négociateur américain sur le désarmement Marshall Billingslea, ajoutant qu’il s’agissait d’un «problème sérieux» qui serait discuté la semaine prochaine à Vienne lors des discussions pour remplacer le traité bilatéral New Start sur la limitation du nombre de têtes nucléaires.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a rejeté vendredi ces accusations.

«La Russie a toujours été et reste un pays fidèle à l’objectif de démilitarisation complète de l’espace et au non-déploiement de n’importe quelle arme dans l’espace», a assuré M. Peskov aux journalistes.

Selon le général John W. Raymond, qui dirige la force de l’Espace américaine, le système utilisé selon les États-Unis par les Russes pour le test de la semaine dernière est le même que celui à propos duquel le Space Command avait exprimé son inquiétude plus tôt cette année, lorsque la Russie avait manoeuvré près d’un satellite du gouvernement américain.

«Il s’agit d’une nouvelle preuve des efforts constants de la Russie pour développer et tester des systèmes depuis l’espace, en accord avec la doctrine militaire du Kremlin d’avoir recours à des armes qui tiennent les installations des États-Unis et de leurs alliés sous la menace», a affirmé le général, cité dans le communiqué.

«Cet événement met en lumière le plaidoyer hypocrite de la Russie sur le contrôle des armes dans l’espace», a ajouté Christopher Ford, un haut responsable du département d’État en charge du contrôle des armes.

Selon les agences de presse russes, citant le ministère de la Défense, la Russie a en effet effectué un test spatial le 15 juillet, mais il concernait un «satellite-inspecteur» en mesure de faire des diagnostics de l’état d’autres satellites, notamment à très courte distance.

Ce satellite a donc inspecté un appareil russe sur orbite, a rapporté la semaine dernière l’agence de presse publique RIA Novosti.