L’autobus transportait des jeunes des élèves 11 à 15 ans de l’école Christian-Bourquin du village de Millas, à environ 15 kilomètres à l’ouest de Perpignan.

Une collision entre un autobus scolaire et un train tue quatre enfants en France

Au moins quatre enfants ont été tués lorsqu’un autobus scolaire et un train régional sont entrés en collision dans le sud de la France, jeudi, en fin de journée.

Dix-sept autres personnes ont été blessées, dont certaines grièvement.

Des photos diffusées par une station de télévision locale montrent le train sorti de ses rails et l’autobus sectionné en deux.

Toutes les victimes ont été identifiées et leurs familles informées, ont annoncé les autorités.

L’autobus transportait des jeunes des élèves 11 à 15 ans de l’école Christian-Bourquin du village de Millas, à environ 15 kilomètres à l’ouest de Perpignan, près de la frontière avec l’Espagne.

Les enquêteurs tentent toujours de faire la lumière sur cette tragédie.

Philippe Vignes, le préfet des Pyrénées-Orientales, a fait état de «rumeurs contradictoires», en prévenant qu’il est pour le moment impossible de déterminer si les barrières du passage à niveau fonctionnaient normalement.

M. Vignes a ajouté que la police vérifiera si les batteries qui alimentent le système automatisé avaient été volées, comme l’indiquent des informations qui ont circulé au cours des dernières heures.

Une représentante de la Société nationale des chemins de fer a précisé à l’Associated Press que le train comptait 25 personnes à bord, incluant le personnel. Tous ont reçu une offre de soutien psychologique.

Catastrophe

Les enquêteurs étaient à pied d’oeuvre vendredi pour déterminer les causes de la collision entre un bus scolaire et un train dans le sud-ouest de la France, qui a tué quatre enfants selon un nouveau bilan, l’un des accidents de ce type les plus graves depuis 35 ans dans le pays.

La collision est l’un des accidents les plus graves survenus lors d’un transport d’enfants depuis le drame de Beaune (est) en 1982 (53 morts dont 44 enfants).

Le Premier ministre Edouard Philippe s’est rendu sur place jeudi soir avec plusieurs membres du gouvernement. Le président Emmanuel Macron a exprimé «la solidarité de la Nation» avec les victimes et leurs proches.

Une enquête pour «homicides et blessures involontaires» a été ouverte.

Tous les enfants venaient du même village: Saint-Féliu-d’Avall, qui était vendredi sidéré par la catastrophe. Le bus aurait dû ramener jeudi comme tous les soirs les enfants de cette petite bourgade d’un peu plus de 2.000 habitants, située à quelques kilomètres de Millas. Dans la rue vendredi, des personnes pleuraient.

Personne ne comprend

«On est tous choqués, ils passaient tous les jours par là, ce sont des enfants qu’on côtoie tous les jours», soufflait, très émue, Maria Baptiste, mère au foyer.

«On ne parle que de ça, personne ne comprend ce qu’il s’est passé et on tourne en rond tant qu’on ne saura pas», renchérissait Pierre Alvarez, boulanger dans la commune.

Vendredi matin, le collège a rouvert ses portes pour permettre aux élèves de commencer leur travail de deuil. Une cellule médico-psychologique composée d’une soixantaine de personnes a été mise en place pour les accueillir.

Lilou, élève de 5e dont le meilleur ami a été légèrement blessé dans l’accident, était toujours sous le choc, en pleurs, au bras de sa mère. «Je n’ai pas de mots, je ne sais pas quoi dire, je pense aux familles, à tous ces enfants, c’est trop dur», confiait cette dernière, Sabrina Mesas, au bord des larmes.

Ce travail de deuil et d’accompagnement incombe aussi aux enseignants, eux mêmes bouleversés par l’accident et parfois démunis face à la réponse à donner à leurs élèves. «Je ne sais même pas comment je vais m’y prendre. J’essaie de tenir le coup et on verra bien», déclarait l’un des professeurs.

Il était peu après 16H00 (15H00 GMT) jeudi quand le bus de ramassage scolaire a traversé le passage à niveau. Derrière, un deuxième bus s’apprêtait à le suivre.

Les barrières du passage à niveau étaient-elles ouvertes, laissant la conductrice du bus s’engouffrer sur la voie, ou étaient-elles fermées? Seul le conducteur du train régional a pu être pour l’instant entendu, la conductrice, âgée de 48 ans, ayant été grièvement blessée dans l’accident.

La compagnie ferroviaire française SNCF a indiqué jeudi que «selon des témoins, le passage à niveau a fonctionné normalement, mais il faut évidemment que cela soit confirmé par l’enquête». Il s’agit d’un passage à niveau «classique» doté d’une signalisation automatique et de deux barrières, qui «n’était pas considéré comme particulièrement dangereux», selon elle.