Le sous-marin argentin "Ara San Juan", près de Buenos Aires, en 2013.

Un sous-marin argentin porté disparu dans l’Atlantique Sud

BUENOS AIRES — Un sous-marin militaire argentin avec 44 membres d’équipage à bord en mission dans l’Atlantique Sud n’a plus donné de signe de vie depuis mercredi, et les autorités ont désormais l’appui de trois autres pays pour rechercher le « Ara San Juan ».

Le bâtiment était en immersion entre le port d’Ushuaïa, à la pointe sud du continent américain, et son port d’attache de Mar del Plata. La dernière communication remonte à mercredi 7 h 30 locales (10 h 30 GMT).

« Nous n’avons pas encore pu le trouver ni avoir un contact, visuel ou par radar, avec le sous-marin +Ara San Juan+ dont le port d’attache habituel est la base navale de Mar del Plata », a déclaré lors d’une conférence de presse Enrique Balbi, porte-parole de la marine argentine.

Pour l’instant, l’armée privilégie la thèse d’un problème technique de communication. « Il y a pu y avoir un problème de batteries, par manque d’alimentation électrique », a indiqué M. Balbi, niant des informations de presse évoquant un incendie et précisant que le sous-marin, en constatant la rupture de contact avec la terre, aurait normalement dû remonter à la surface, selon le protocole prévu.

Il a appelé à « être prudents », car « on ne sait pas ce qui s’est passé, je ne veux pas dramatiser cette affaire ».

Le sous-marin était parti il y a 35 jours de Mar del Plata, port et station balnéaire à 400 kilomètres au sud de Buenos Aires, pour rejoindre Ushuaïa où il a passé trois jours avant d’entamer le voyage de retour.

Jeudi après-midi, les recherches, avec l’aide d’un avion, ont été lancées, mais elles n’ont encore rien donné, car « elles ont eu lieu de nuit et dans des mauvaises conditions météorologiques dans la zone des opérations », selon le porte-parole.

Première sortie en 1983

Un destroyeur et deux corvettes de la marine argentine participent aussi aux recherches, menées au large de la Péninsule de Valdés (sud-est), une zone touristique réputée pour sa faune, notamment la baleine australe.

La dernière position relevée le 15 de novembre à 0 h 30 locale (3 h 30 GMT) situait le sous-marin de couleur noire à une latitude de 46° 44’ -1» sud et une longitude 60° 8’ -1» ouest, soit à 430 km des côtes de la Patagonie et de la Péninsule de Valdés.

Il se déplaçait à une vitesse de 5 nœuds, selon le document émis par la marine pour demander à ce que des navires soient affectés aux recherches.

Le retour du sous-marin était prévu pour le mercredi 22 novembre, a dit à la chaîne de télévision TN le frère du chef des machines, Carlos Rodriguez.

Le « Ara San Juan » l’est un des trois sous-marins de la marine argentine, qui l’a incorporé en 1985 à sa flotte. C’est un modèle TR-1700 à propulsion diesel, construit dans le chantier naval Thyssen Nordseewerke de Edemen, en Allemagne, dont la première sortie en mer a été effectuée le 20 juin 1983.

Il fait 65 mètres de long et 7 de diamètre. Il a été en réparation de 2007 à 2014, pour allonger de 30 ans sa durée de vie.

Eliana Krawczyk, 35 ans, fait partie de l’équipage. Elle fut il y a quelques années la « première femme officier à faire partie de l’équipage d’un sous-marin en Argentine », a déclaré son père, Eduardo Krawczyk.

« Nous prions pour qu’il ne leur soit rien arrivé, a-t-il ajouté. En mer, ce sont tous des frères et sœurs, le sous-marin, c’est plus risqué qu’un bateau ».

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a annoncé que les États-Unis, le Royaume-Uni, présent aux iles Malouines, et le Chili, avaient offert leur « appui logistique » et d’échanger des informations pour localiser le submersible Argentin.