Un soldat israélien retrouvé poignardé à mort en Cisjordanie occupée

MIGDAL OZ — Les forces de sécurité israéliennes quadrillaient jeudi un secteur sensible de la Cisjordanie occupée après la découverte du cadavre d’un jeune soldat sans uniforme poignardé à de multiples reprises, une attaque que le premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifiée de «terroriste».

Le corps de Dvir Sorek, 19 ans selon l’armée, a été retrouvé près de la colonie juive de Migdal Oz dans le secteur de Gush Etzion, entre les villes de Bethléem et Hébron, théâtre récurrent de heurts entre des Palestiniens et la police israélienne.

Peu après l’annonce de sa mort, l’armée, la police et des membres du Shin Bet, les services de renseignement intérieur, quadrillaient le secteur. Et des renforts ont été envoyés en Cisjordanie, a assuré l’armée plus tard dans la matinée.

À Migdal Oz, une unité de police tenait les reporters à un peu moins d’une centaine de mètres de distance de la scène jeudi matin. Un journaliste de l’AFP a toutefois pu voir le déploiement des forces de sécurité et des secouristes.

Des dizaines de soldats et de policiers ont aussi pénétré dans la ville palestinienne voisine de Bei Fajjar, allant de maison en maison pour mettre la main sur des caméras de sécurité, selon un journaliste de l’AFP sur place. Ces enregistrements vidéo pourraient permettre d’identifier les mouvements de suspects potentiels.

L’armée israélienne n’a pas épilogué pour l’instant sur les circonstances de cette mort, mais a évoqué une «attaque terroriste» à l’instar du premier ministre Benjamin Netanyahu, actuellement en campagne pour des législatives du 17 septembre qui s’annoncent âprement disputées.

«Aujourd’hui un de nos meilleurs enfants est encore tombé […]. Ces terroristes tordus viennent détruire alors que nous sommes là pour construire», a déclaré M. Netanyahu lors d’un déplacement dans la colonie juive de Bei El, pour assister à l’inauguration de 650 nouveaux logements.

Dans un communiqué, le groupe islamiste armé palestinien du Jihad islamique a salué sans revendiquer le meurtre du jeune soldat israélien, considéré selon lui comme une réponse «légitime» à la colonisation de la Cisjordanie.

Jeune recrue

Le caporal Dvir Sorek ne portait ni arme ni uniforme lorsqu’il a été tué, selon l’armée israélienne.

Il étudiait dans une yeshiva, un centre d’étude de la Torah, dans le cadre d’un programme spécial combinant étude religieuse et service militaire, a précisé le directeur de son école.

«Il était parti pour Jérusalem dans l’après-midi (mercredi) afin d’acheter un cadeau pour ses professeurs», a déclaré le rabbin Schlomo Wilk à la radio publique.

«Trente minutes avant d’être assassiné il était en contact avec nous alors qu’il était dans un bus en route vers la yeshiva», a-t-il ajouté.

Le corps de Dvir Sorek a été retrouvé tout près de la yeshiva où il étudiait, selon l’armée.

Selon un journaliste de l’AFP sur place, son corps se trouvait jeudi matin à une quarantaine de mètres de l’entrée de la colonie. Mais il n’était pas clair si le jeune colon avait été tué sur place ou ailleurs.

Colonies

L’essor des colonies juives, qui comptent aujourd’hui plus de 600 000 Israéliens, menant une coexistence souvent conflictuelle auprès de trois millions de Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est-- est le sujet de vives tensions.

Plus tôt cette semaine, les autorités israéliennes ont approuvé la construction de plus de 2.300 logements dans des colonies en Cisjordanie et la légalisation de trois colonies qui n’étaient pas officiellement reconnues par l’État hébreu.

«L’expansion des colonies n’a pas de valeur légale et constitue une violation flagrante du droit international», a dénoncé cette semaine le représentant de l’ONU pour le processus de paix au Proche-Orient Nickolay Mladenov.

Si la colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est annexée s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, elle s’est accélérée ses dernières années sous l’impulsion du premier ministre Benjamin Netanyahu et de son allié à Washington, Donald Trump.

Malgré tout, son gendre et conseiller Jared Kushner tente de rallier les puissances de la région à son plan pour résoudre le conflit israélo-palestinien, une initiative d’emblée rejetée par les Palestiniens qui jugent la présente administration américaine pro-israélienne.