Des résidents d'El Paso ont manifesté mercredi contre le passage du président Trump dans leur ville à la suite de la fusillade dans un supermarché Walmart.

Trump réaffirme son soutien sans faille à la détention d'arme à feu

WASHINGTON — Donald Trump a confirmé vendredi avoir discuté avec la NRA, le puissant lobby des armes à feu, et il a assuré être le plus fervent défenseur du droit des Américains à détenir une arme.

Six jours après les deux fusillades qui ont ensanglanté, une énième fois, les États-Unis, à El Paso, au Texas et à Dayton dans l'Ohio, le président des États-Unis a exhorté à tenir les armes hors de portée des «personnes malades mentalement et dérangées».

«J'ai aussi parlé avec la NRA et d'autres afin que leurs opinions tranchées puissent être pleinement représentées et respectées», a tweeté Donald Trump, au lendemain d'un communiqué de la National Rifle Association qui exprimait son opposition au durcissement des lois sur les armes individuelles.

Wayne LaPierre, chef de la NRA — organisation qui a contribué à financer la campagne de M. Trump à hauteur de 30 millions $ — avait confirmé s'être entretenu de manière privée avec le dirigeant républicain.

«Je suis le plus grand défenseur du Deuxième amendement qu'il puisse y avoir», a tonné le locataire de la Maison-Blanche, en référence au droit constitutionnel — sujet à interprétation — de détenir une arme.

«Mais nous devons tous travailler pour le bien et la sécurité de notre pays. Des mesures de bons sens peuvent être prises pour le bien de tout le monde», a-t-il poursuivi.

L'Amérique est en deuil après les deux fusillades et le débat sur les armes a repris tout en tournant à vide, comme après chaque drame. La question divise les Américains et leurs parlementaires.

«Des discussions sérieuses ont lieu entre les leaders du Sénat et de la Chambre sur des vérifications judicieuses d'antécédents» (judiciaires et psychiatriques), a aussi tweeté Donald Trump.

La pression monte sur le leader de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, pour organiser un vote sur deux propositions de loi adoptées en février par la Chambre des représentants, à majorité démocrate. Ces textes prévoient d'étendre les contrôles des antécédents des acheteurs à l'ensemble des transactions.

Jeudi matin, 214 maires républicains et démocrates ont écrit à M. McConnell pour lui demander d'interrompre les vacances parlementaires. Mais l'élu du Kentucky a refusé, lors d'une interview sur une radio locale de cet État du centre du pays, de rappeler les sénateurs à Washington.

La législation sur les armes à feu sera «au coeur» de la prochaine session parlementaire, à la rentrée, a-t-il assuré jeudi sur les ondes de NewsRadio 840 WHAS.

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TRUMP S'EN PREND À HOLLYWOOD ET SES ÉLITES «RACISTES»

LOS ANGELES — Donald Trump s’en est violemment pris vendredi à Hollywood, «raciste au plus haut degré» selon le président américain, qui semble viser, sans le nommer, un film controversé dans lequel de riches «libéraux» organisent des chasses à l’homme pour tuer des «gens normaux».

Intitulé The Hunt (La Chasse), le film en question, qui doit sortir fin septembre aux États-Unis, est qualifié de satire ultra-

violente de la profonde fracture politique divisant républicains et démocrates.

Le concept : des gens du peuple, enlevés dans des bastions traditionnels du parti républicain de Donald Trump (Wyoming, Mississippi...), se réveillent dans un champ, en territoire inconnu. Ils sont traqués par des chasseurs issus de «l’élite» fortunée, qui les abattent impitoyablement pour se donner le frisson.

Le film a déjà suscité la polémique après les récentes fusillades ayant endeuillé les États-Unis et les studios Universal ont suspendu sa promotion. «Le Hollywood libéral est raciste au plus haut point, et avec une grande colère et de la haine!», a tweeté Donald Trump.

«Le film qui va sortir cherche à allumer le feu et à provoquer le chaos», a-t-il ajouté, sans toutefois explicitement citer The Hunt.

«Ils créent leur propre violence et ensuite ils rejettent la responsabilité sur les autres. Ce sont eux les vrais racistes et ils sont très mauvais pour notre pays», a conclu le président américain, lui-même régulièrement accusé de racisme.

Dans The Hunt, les riches chasseurs appellent parfois leurs proies les «déplorables», un terme employé durant la campagne présidentielle de 2016 par Hillary Clinton pour désigner les militants de Trump les plus extrémistes.

«Nous payons pour tout, donc ce pays nous appartient», lance l’un des personnages dans la bande-annonce du film, dont les vedettes sont Hilary Swank et Betty Gilpin.

Si l’on en croit son synopsis officiel, le film n’est pas complètement à l’avantage des privilégiés libéraux, puisque l’une des proies se rebiffe et traque à son tour ses tortionnaires, les éliminant les uns après les autres. AFP