Le président Donald Trump dit faire une distinction entre le renseignement américain «tel qu’il est dirigé maintenant, par des gens très bien», et les services ayant conclu en janvier 2017 à une ingérence russe, dont il avait traité la veille les anciens dirigeants, limogés depuis, de «vendus».

Trump assure «croire» le renseignement américain

MANILLE — Donald Trump a assuré dimanche «croire» aujourd’hui le renseignement américain, qui a conclu dans le passé que Moscou avait interféré dans les élections américaines, tout en évoquant la sincérité des dénégations de Vladimir Poutine.

«Je crois nos agences de renseignement», a répondu le président américain, interrogé lors d’une conférence de presse au Vietnam sur les démentis du président russe avant de rejoindre Manille.

«Je crois qu’il a le sentiment que ni lui ni la Russie n’ont interféré dans les élections. Mais, que je le croie ou non... je suis avec nos agences», a insisté Donald Trump, faisant une distinction entre le renseignement américain «tel qu’il est dirigé maintenant, par des gens très bien», et les services ayant conclu en janvier 2017 à une ingérence russe, dont il avait traité la veille les anciens dirigeants, limogés depuis, de «vendus».

Après sa rencontre avec Vladimir Poutine en marge du sommet de l’Asie-Pacifique (Apec) à Danang, Donald Trump avait longuement mis en avant les dénégations de son homologue russe sur les accusations d’ingérence de Moscou dans la campagne américaine, laissant entendre qu’il le pensait sincère.

Dimanche, l’ex-patron de la CIA John Brennan s’est insurgé contre les propos de M. Trump, estimant qu’il «devrait avoir honte». «Il nous a traités de vendus parce qu’il essaie de délégitimer les conclusions» du renseignement, a-t-il déclaré sur CNN. «Vu la source des critiques, je considère ces critiques comme un honneur».

Plutôt discret sur les réseaux sociaux depuis le début de sa tournée asiatique, Donald Trump a envoyé dimanche matin, avant sa conférence de presse conjointe avec son homologue vietnamien, une série de tweets revenant sur les grands dossiers des derniers jours.

«Quand tous les haineux et les imbéciles se rendront-ils compte qu’avoir de bonnes relations avec la Russie est une bonne chose, pas une mauvaise chose?» a ainsi écrit dimanche matin avant la conférence de presse le président américain, se réjouissant de la convergence avec Moscou sur l’impasse de la solution militaire en Syrie.

Donald Trump s’est par ailleurs félicité des progrès accomplis sur le dossier nord-coréen en annonçant que la Chine allait durcir les sanctions contre Pyongyang. «Le président chinois Xi a déclaré qu’il renforçait les sanctions contre [la Corée du Nord]», a-t-il tweeté depuis Hanoï, avant-dernière étape de sa tournée asiatique.

L’avion présidentiel s’est posé dimanche aux Philippines, où M. Trump doit participer à un sommet de l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (Asean).

Nouvel essai nucléaire

Jeudi à Pékin, Donald Trump avait exhorté Xi Jinping à faire monter la pression sur le régime nord-coréen qui a procédé début septembre à un nouvel essai nucléaire.

Dans un autre tweet, M. Trump a évoqué directement le dirigeant nord-coréen : «Pourquoi Kim Jong-Un m’insulterait-il en me traitant de “vieux” alors que je ne le traiterai JAMAIS de “petit gros”? Eh bien, j’essaie tellement d’être son ami, peut-être qu’un jour ça arrivera!»

Interrogé sur ce tweet lors de sa conférence de presse à Hanoï, M. Trump a confirmé ses velléités d’«amitié». «Il se passe des choses bizarres dans la vie», a-t-il dit sur un ton conciliant alors que la Corée du Nord a qualifié sa tournée asiatique de «va-t-en-guerre».

Après celles de Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama, cette quatrième visite d’un président américain depuis la fin de la guerre (1975) couronnait deux décennies d’un rapprochement spectaculaire entre Washington et Hanoï.