De l’eau est pompée de la grotte inondée, mardi.

Thaïlande: les enfants pourraient devoir plonger pour sortir de la grotte

MAE SAI, Thaïlande — Un haut responsable thaïlandais a prévenu mardi que les fortes pluies prévues pour les prochains jours pourraient aggraver les inondations dans la grotte où 12 garçons et leur entraîneur de football sont coincés depuis plus d’une semaine, obligeant les autorités à accélérer leur extraction.

Les 13 personnes ont été localisées par des plongeurs de secours tard lundi soir dans la grotte de la province de Chiang Rai, dans le nord du pays, au cours d’une opération désespérée qui a attiré l’aide internationale et captivé la nation. Les officiels ont déclaré mardi que les garçons, qui sont âgés de 11 à 16 ans, et leur entraîneur de 25 ans étaient pour la plupart dans un état médical stable et ont reçu des aliments liquides riches en protéines.

Sept membres de l’unité d’élite SEAL de la marine thaïlandaise, dont un médecin et une infirmière, sont maintenant en compagnie des garçons.

Le ministre thaïlandais de l’Intérieur, Anupong Paojinda, un membre de la junte militaire au pouvoir, a déclaré mardi que les garçons pourraient devoir sortir en utilisant des équipements de plongée avant les intempéries prévues plus tard dans la semaine. Il a dit que les garçons seraient extraits par la même voie compliquée que celle utilisée par leurs sauveteurs.

Même si les efforts pour pomper les eaux de crue se poursuivront, M. Anupong dit qu’il est clair que certaines zones de la grotte gigantesque ne pourront pas être drainées et que pour sortir, les garçons devront utiliser des équipements de plongée tout en étant guidés par deux plongeurs professionnels. Il a concédé qu’un désastre est possible si quelque chose tourne mal.

Une vidéo diffusée mardi matin par la marine thaïlandaise montre les garçons dans leurs uniformes de football assis dans un endroit sec à l’intérieur de la grotte de Tham Luang Nang, au-dessus de l’eau, sous les projecteurs d’un sauveteur.

Une vidéo diffusée mardi matin par la marine thaïlandaise montre les garçons dans leurs uniformes de football assis dans un endroit sec à l’intérieur de la grotte.

Des experts du sauvetage en grotte croient qu’il pourrait être plus sécuritaire de simplement les ravitailler là où ils sont, plutôt que de leur demander de plonger. Cela pourrait prendre des mois, cependant, étant donné que la saison des pluies en Thaïlande dure généralement jusqu’en octobre.

Une paire de plongeurs spéléologues britanniques a trouvé le groupe dans une portion surélevée de la grotte qui échappe pour le moment aux inondations.

Dans la vidéo de cinq minutes, les garçons portent leurs uniformes de soccer et sont calmes, curieux et polis. Ils demandent également de la nourriture.

Le gouverneur de la province de Chiang Rai, Narongsak Osatanakorn, a révélé mardi que les disparus recevaient des aliments liquides riches en protéines et en minéraux, des analgésiques et des antibiotiques. Il a dit que les médecins avaient conseillé de donner le médicament par mesure préventive.

Les autorités ont déclaré que les efforts se poursuivraient également à l’extérieur de la grotte, où des équipes cherchent d’autres points d’accès à la grotte. Plusieurs fissures ont été trouvées et des équipes en ont exploré quelques-unes, mais jusqu’à présent, aucune n’a conduit aux garçons piégés.

Des secouristes à l’oeuvre mardi pour remettre en état un chemin qui mène à la grotte où sont prisonnier de 12 garçons et leur entraîneur de soccer.

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LES SAUVETEURS, DEUX VOLONTAIRES BRITANNIQUES PASSIONNÉS DE PLONGÉE

LONDRES - Les secouristes britanniques qui ont retrouvé les petits Thaïlandais piégés dans une grotte inondée sont des secouristes volontaires, passionnés de plongée et de spéléologie, devenus experts en sauvetage.

Rick Stanton et John Volanthen sont parmi les premiers secouristes à avoir atteint lundi les douze garçons et leur jeune entraîneur de football de 25 ans prisonniers d’une grotte inondée après la montée des eaux depuis le 23 juin.

Dans la vidéo de leur découverte vue des millions de fois, on entend les plongeurs s’adresser au groupe avec un accent anglais, les félicitant pour leur courage.

Les plongeurs britanniques Richard William Stanton et John Volanthen se dirige vers la grotte Tham Luang, mardi.

Les deux hommes, ainsi qu’un troisième Britannique, Robert Harper, font partie du British Cave Rescue Council (BCRC), qui regroupe des secouristes experts en plongée et spéléologie. Ils étaient partis la semaine dernière en Thaïlande pour participer aux secours.

«Nick et John ont été à la tête» des opérations de secours, a expliqué le vice-président du BCRC, Bill Whitehouse. «Ils ont dû nager à contre-courant ou avancer en s’agrippant aux murs», a-t-il déclaré à la BBC. Il a estimé que la plongée avait duré environ trois heures.

Rick Stanton, pompier originaire de Coventry, avait déjà aidé à sauver six soldats britanniques pris au piège dans une grotte au Mexique en 2004. Considéré comme un expert mondial en sauvetage, le quinquagénaire avait été anobli par la reine.

«Qui aurait pensé qu’en me passionnant pour la spéléologie, ce passe-temps m’amènerait partout dans le monde et me fasse gagner des récompenses, et maintenant une distinction?», s’exclamait-il en 2012 dans les colonnes du Coventry Telegraph.

Il confiait au journal que sa mission la plus périlleuse s’était déroulée en France lorsqu’il avait essayé de retrouver en 2010 le spéléologue Eric Establie, parti explorer une grotte des gorges de l’Ardèche (sud-est) et bloqué à son retour par un éboulement. Selon des médias britanniques, il faisait déjà équipe à l’époque avec John Volanthen, un ingénieur de Bristol, d’une quarantaine d’années.

«Moi et un autre plongeur avons été là pendant dix jours et c’était une période vraiment stressante. C’était une plongée très dangereuse et une grotte très dangereuse», avait raconté Rick Stanton au Coventry Telegraph. Eric Establie avait finalement été retrouvé noyé.

John Volanthen avait confié au Sunday Times magazine en 2013 que pour faire de la spéléologie, il fallait garder la tête froide. «La panique et l’adrénaline sont super dans certaines situations, mais pas en spéléologie».

Des membres des forces policières australiennes parlent avec un secouriste thaïlandais, mardi.