Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton, et le ministre des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, se sont rencontrés lundi à Moscou.

Retrait d’un traité nucléaire: Washington vise autant Pékin que Moscou

WASHINGTON — En annonçant leur retrait d’un traité de désarmement majeur sur les armes nucléaires, les États-Unis visent autant la Chine, qui a développé ces dernières années des armes interdites par ce texte dont elle n’est pas signataire, que la Russie, accusée de le violer.

Officiellement, c’est la Russie qui est citée comme coupable de violation du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF) avec son nouveau système 9M729, des missiles tirés à partir d’un dispositif terrestre et dont la portée dépasse, selon Washington, les 500 km, ce que Moscou dément.

«La Russie n’a pas respecté le traité. Nous allons donc mettre fin à l’accord et développer ces armes», a déclaré Donald Trump en annonçant le retrait américain du traité INF (Intermediate Nuclear Forces), signé en 1987 par les présidents américain et soviétique de l’époque Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

Les États-Unis aussi

M. Trump n’a pas précisé si un nouveau traité pourrait être négocié, mais il a indiqué lundi que les États-Unis développeraient ces armes à moins que la Russie et la Chine n’acceptent d’arrêter elles-mêmes de les développer.

«Tant que les gens ne seront pas revenus à la raison, nous en développerons», a déclaré le président à des journalistes à la Maison-Blanche. «C’est une menace pour qui vous voulez. Et ça inclut la Chine, et ça inclut la Russie, et ça inclut quiconque veut jouer à ce jeu-là.»

Depuis plusieurs années, Washington accuse Moscou de ne pas respecter ce traité qui, en abolissant l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5500 km, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 80 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.

C’est donc en Russie que le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton, s’est rendu aussitôt la décision annoncée, mais il a noté qu’il y aurait «d’autres participants» au processus de négociation.

Il a précisé à la radio Echo de Moscou que des consultations seraient ensuite menées «avec nos amis en Europe et en Asie».

Pour John Lee, un expert du centre de réflexion conservateur Hudson Institute, «le problème de la Chine, qui n’est limitée par aucun accord, est très différent et beaucoup plus pressant» que celui de la Russie.