Plusieurs citoyens ont manifesté devant les bureaux de scrutins pour exiger un nouveau dénombrement des votes.

Recomptage en Floride, Trump parle de fraudes

MIAMI — La Floride a ordonné samedi un recomptage des voix dans le cadre de l'élection serrée du gouverneur de l’État et d'un sénateur, marquée par des dysfonctionnements, Donald Trump évoquant des fraudes sans preuve.

Le secrétaire d’État de Floride Ken Detzner a publié la directive après que les résultats non officiels eurent révélé de très minces écarts entre les candidats. En vertu de la loi, de tels écarts obligent les autorités à procéder à un nouveau dénombrement.

Le bureau de M. Detzner a admis qu’à sa connaissance, c’était la première fois de l’histoire de la Floride qu’un nouveau dénombrement était nécessaire pour une course au Sénat ou au poste de gouverneur de l’État.

Selon les résultats non officiels, l’ancien représentant républicain Ron DeSantis a battu son adversaire démocrate, le maire de Tallahassee, Andrew Gillum, par 0,41 point de pourcentage pour le poste de gouverneur.

Du côté du Sénat, le gouverneur républicain Rick Scott l’a emporté sur son rival démocrate, le sénateur sortant Bill Nelson, par 0,14 point de pourcentage.

Le secrétaire Detzner a ordonné un nouveau dénombrement électronique pour les deux courses. Une fois cette procédure terminée, si les écarts entre les candidats s’élèvent à 0,25 point de pourcentage ou moins, un dénombrement manuel sera effectué, a expliqué la porte-parole du département d’État, Sarah Revell.

Après l'annonce d'un nouveau décompte, Andrew Gillum est revenu sur son discours de mardi, dans lequel il reconnaissait sa défaite, pour appeler désormais, «sans complexe et sans concession», à «recompter tous les bulletins».

Donald Trump a de son côté fait état d'un risque de manipulation électorale, qu'aucun élément avéré ne permet de justifier à ce stade.

«Ils essayent de VOLER deux scrutins en Floride!» a tweeté le président américain, depuis la France où il participait aux commémorations de l'armistice du 11 novembre 1918. «Nous suivons ça de près!»

Cette situation n’est pas sans rappeler le deuxième dénombrement qui était survenu durant l’élection présidentielle de 2000, lorsqu’il avait fallu plus de cinq semaines à la Floride pour décréter que le républicain George W. Bush avait récolté 537 voix de plus que le démocrate Al Gore et, par le fait même, remporté la présidence des États-Unis.

Depuis mardi, Donald Trump a plusieurs fois sous-entendu que certains responsables locaux de Floride cherchaient à truquer les résultats en faveur des démocrates, parlant de «honte pour notre pays et pour la démocratie».

Il a principalement accusé les comtés de Broward et Palm Beach, dont les électeurs ont placé largement en tête Hillary Clinton lors de l'élection présidentielle de 2016.

Pour ne rien arranger, la responsable des élections dans le comté de Broward, Brenda Snipes, a admis vendredi avoir mélangé involontairement quelques dizaines de bulletins nuls avec des votes conformes lors du dépouillement.

La Floride n'était cependant pas le seul État américain encore en proie à l'incertitude samedi.

Dans la Géorgie voisine, la candidate démocrate au poste de gouverneur, Stacey Abrams, s'accroche dans l'attente du dépouillement des derniers bulletins, face à son rival républicain Brian Kemp, qui compte environ 60 000 voix d'avance.

En Arizona, c'est un poste de sénateur qui est dans la balance, la démocrate Kyrsten Sinema comptant 18 000 voix environ d'avance sur sa rivale républicaine Martha McSally, mais plusieurs dizaines de milliers de bulletins restaient à dépouiller samedi.