La Corée du Nord de Kim Jong-Un a demandé aux États-Unis deux millions de dollars pour libérer un étudiant américain.

Pyongyang a bien demandé de l'argent pour rapatrier un étudiant américain

WASHINGTON — Un ancien diplomate américain a confirmé lundi que la Corée du Nord avait demandé deux millions de dollars pour libérer un étudiant américain qui aurait été torturé puis est tombé dans le coma pendant sa détention à Pyongyang.

Joseph Yun, diplomate chevronné qui s'était envolé pour Pyongyang en 2017 pour rapatrier Otto Warmbier, a dit sur la chaîne CNN que la Corée du Nord lui avait présenté une facture pour ses soins médicaux.

Il a dit avoir alors appelé le secrétaire d'État de l'époque Rex Tillerson, dont il pense qu'il a cherché à avoir le feu vert du président Donald Trump.

M. Tillerson «est revenu vers moi très rapidement pour dire : “oui, allez-y, signez”, a affirmé M. Yun, qui a depuis quitté le gouvernement.

Tout en soulignant qu'il ne faisait pas encore partie de l'administration à cette époque, John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de M. Trump, a confirmé sur Fox News Sunday que la Corée du Nord avait demandé de l'argent.

Les États-Unis ont-ils payé? «Absolument pas», a-t-il répondu.

C'est le Washington Post qui a révélé la demande nord-coréenne de paiement. M. Trump a affirmé qu'aucune somme n'avait été versée à Pyongyang.

Mais pour M. Yun, il faut que la décision de M. Trump d'accepter le paiement à Pyongyang soit concrétisée par un versement.

«Si vous avez signé, si vous avez promis à un autre gouvernement que vous alliez procéder au paiement, mon point de vue c'est que nous devrions être fidèles à notre engagement», a-t-il dit.

Fallait-il signer le document? C'est une autre affaire, a-t-il ajouté.

Les États-Unis disent refuser catégoriquement de payer des rançons pour des otages ou des prisonniers, pour ne pas inciter à l'enlèvement d'Américains.

«À aucun moment au sein de cette administration, nous n'avons payé pour qu'un otage soit libéré et nous n'avons aucune intention de le faire», a dit lundi le secrétaire d'État Mike Pompeo.

Otto Warmbier avait été arrêté à Pyongyang en janvier 2016 lors d'un voyage organisé, puis condamné à quinze ans de travaux forcés pour le vol d'une affiche de propagande. Libéré en juin 2017 alors qu'il était dans le coma, il est décédé à 22 ans peu après son rapatriement aux États-Unis ce même mois.

La cause exacte de sa mort reste inconnue, mais la justice américaine a conclu en décembre 2018 que l'étudiant avait été torturé pendant sa détention.

La Corée du Nord a démenti toute maltraitance, affirmant qu'Otto Warmbier avait contracté le botulisme en prison.