Le monde fait face à la menace grandissante d’une guerre nucléaire et les États-Unis en portent le blâme, a avancé le président russe Vladimir Poutine.

Poutine insiste sur la menace grandissante d'une guerre nucléaire

MOSCOU — Le monde fait face à la menace grandissante d’une guerre nucléaire et les États-Unis en portent le blâme, a avancé le président russe Vladimir Poutine.

Lors de sa conférence de presse annuelle, jeudi, le dirigeant russe a signalé que «cela pourrait conduire à la destruction de la civilisation dans son ensemble et peut-être même de notre planète».

Même si un conflit nucléaire paraît impossible aux yeux de bien des gens, le danger est réel et même imminent, a-t-il ajouté, alors que «nous assistons à la dissolution du système de contrôle des armements».

Il a évoqué l’intention de Washington de se retirer du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire de 1987 (FNI) et sa réticence à négocier la prolongation du «New START», le traité de réduction des armes stratégiques nucléaires signé en 2010.

Des représentants américains affirment que le retrait du FNI est motivé par des violations russes du traité - ce que Moscou nie avec véhémence.

Vladimir Poutine a exposé que si les États-Unis installaient des missiles à portée intermédiaire en Europe, la Russie serait contrainte de prendre des contre-mesures.

«Nous devrons assurer notre sécurité», a-t-il lancé au cours de sa conférence de presse qui a duré près de quatre heures.

Le président russe a tourné au ridicule les allégations selon lesquelles il cherche à dominer le monde, les présentant comme une campagne de diffamation menée par des pays occidentaux pour des considérations de politique intérieure.

«Pour ce qui est de régner sur le monde, nous savons où se trouvent les quartiers généraux qui tentent de le faire, et ce n’est pas à Moscou», a-t-il raillé, en soulignant que le budget de défense de 46 milliards $ US de la Russie fait pâle figure en comparaison avec les 700 milliards $ annuels du Pentagone.

Pas d’ingérence étrangère

Il a aussi balayé d’un revers de main les allégations selon lesquelles la Russie s’ingère dans les affaires des pays occidentaux, que ce soit par une attaque à l’agent neurotoxique au Royaume-Uni ou par à un effort d’infiltration de la National Rifle Association aux États-Unis.

Il prétend que ces histoires servent à ériger la Russie en épouvantail : «Ils ont besoin d’une menace extérieure pour cimenter l’unité de l’OTAN», selon lui.

Les espoirs de la Russie d’améliorer ses relations avec les États-Unis sous l’administration de Donald Trump se sont éteints en raison des allégations d’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016 - des accusations encore une fois rejetées par Poutine.

Il laisse toujours la porte ouverte à une autre rencontre avec Donald Trump, bien que ce scénario lui semble improbable compte tenu du contrôle nouvellement acquis de la Chambre des représentants par les démocrates.

«Je ne sais pas s’il pourrait engager un dialogue direct avec la Russie dans de telles conditions.»

Le président russe a également souligné que les missiles balistiques à ogives conventionnelles envisagés par les États-Unis pourraient être confondus avec des missiles nucléaires. Leur lancement risquerait de provoquer des représailles, a-t-il mis en garde.

«Imaginez un sous-marin tirant un missile balistique: comment pourrions-nous déterminer s’il est nucléaire ou pas? C’est extrêmement dangereux.»