Monseigneur Carlo Alberto Capella parle avec son avocat, Roberto Borgogno, avant son audition au tribunal du Vatican.

Pornographie juvénile: le tribunal du Vatican déclare un ex-diplomate coupable

VATICAN — Le tribunal du Vatican a déclaré coupable, samedi, un ancien diplomate du Saint-Siège et l’a condamné à cinq ans de prison pour possession et distribution de matériel pornographique.

Il s’agit du premier procès du genre à la suite de l’adoption en 2013 par l’État de la cité du Vatican d’une loi criminalisant la possession et la distribution de matériel pornographique juvénile.

Monseigneur Carlo Capella a admis avoir visionné les images durant ce qu’il a décrit comme une période de «vulnérabilité» et de crise suscitée par sa mutation à l’ambassade du Vatican à Washington. Il a présenté ses excuses à sa famille et au Saint-Siège, et imploré leur clémence pour cet «incident de parcours».

Le président du tribunal, Giuseppe Dalla Torre, a lu le verdict après un procès de deux jours et a condamné Capella à cinq ans de prison et à une amende de 5000 euros (7660 $ CAN).

L’ex-diplomate purgera sa peine dans la caserne du Vatican, où il est détenu depuis son arrestation plus tôt cette année.

Le procureur Gian Pierro Milano avait réclamé une sentence plus sévère en raison du nombre «important» de documents, incluant 40 à 55 photos, films et dessins animés japonais découverts sur le téléphone mobile de Capella ainsi que sur ses comptes iCloud et Tumblr, que l’accusé avait consultés même après avoir été rappelé par le Vatican en août 2017.

Selon les procureurs et les enquêteurs du Vatican, le matériel mettait en scène des adolescents âgés de 14 à 17 ans.

Le Vatican avait rapatrié Carlo Capella après que le département d’État américain l’eut avisé en août dernier que l’un des diplomates de son ambassade à Washington avait possiblement enfreint les lois concernant la pornographie juvénile.

Peu après, les autorités canadiennes avaient publié un mandat d’arrêt contre Capella, l’accusant d’avoir accédé à de la pornographie juvénile, de l’avoir eu en sa possession et distribuée en décembre 2016 depuis une église de Windsor, en Ontario, par le biais d’un réseau social.

Il n’a pas été possible dans l’immédiat de savoir si le Canada irait de l’avant dans ce dossier puisque le Vatican n’extrade pas ses citoyens.

Carlo Capella devra maintenant subir un procès canonique au terme duquel il pourrait être défroqué.