M. De Wever avait convoqué cette conférence de presse à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire à Bruxelles, destiné, sans succès, à trouver une issue à cette crise politique.

Pacte sur les migrations: la crise gouvernementale belge s’aggrave

BRUXELLES — La crise au sein du gouvernement belge autour du Pacte de l’ONU sur les migrations s’est encore aggravée samedi soir, les nationalistes flamands de la N-VA laissant entendre qu’ils pourraient partir si le premier ministre persistait à vouloir approuver le texte.

«Si on accepte d’être mis à l’écart (...) on ne va plus jamais tenir compte de notre position. Si on n’a plus de voix dans ce gouvernement (...) ça ne sert à rien de continuer», a expliqué samedi soir le président de la N-VA Bart De Wever, lors d’une conférence de presse.

M. De Wever avait convoqué cette conférence de presse à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire à Bruxelles, destiné, sans succès, à trouver une issue à cette crise politique.

La N-VA est la seule des quatre partis de la coalition gouvernementale opposée à ce Pacte.

Quelques minutes avant les déclarations de M. De Wever, le premier ministre belge Charles Michel avait annoncé à l’agence Belga qu’il se rendrait bien à Marrakech, où ce Pacte migratoire doit être approuvé lundi et mardi par les pays de l’ONU.

Il doit ensuite être ratifié à l’occasion d’un vote à New York le 19 décembre, lors d’une Assemblée générale de l’ONU.

Si M. Michel part dimanche au Maroc, il «décollera comme premier ministre de la suédoise (le nom donné à la coalition actuelle, ndlr) et atterrira comme premier ministre de la coalition Marrakech», a prévenu M. De Wever, ce qui laisse ainsi planer l’hypothèse d’un gouvernement sans N-VA.

La crise, qui était latente depuis plusieurs semaines, avait éclaté mardi soir, quand Charles Michel avait annoncé son intention de se tourner vers le Parlement, faute d’unanimité au sein du gouvernement en faveur du pacte.

Il en allait de la «crédibilité» de la Belgique au plan international, avait expliqué le premier ministre belge, qui avait lui-même défendu ce texte à la tribune de l’ONU fin septembre.

Après deux jours de débats houleux à la Chambre des députés, une large majorité droite/gauche --isolant la N-VA au côté du parti anti-immigration Vlaams Belang-- s’est dégagée jeudi pour voter une résolution demandant au gouvernement de soutenir le pacte.

Le gouvernement a souvent tangué depuis quatre ans en raison des prises de position jugées radicales de la N-VA sur le dossier de la migration. Mais jamais au point de chavirer.

Le pacte avait d’abord fait l’objet d’un consensus au sein du gouvernement cet été, avant que la N-VA ne change d’avis fin octobre dans le sillage des critiques exprimées par le chancelier autrichien Sebastian Kurz.

Non contraignant, le pacte de l’ONU recense des principes -défense des droits de l’homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale- et une vingtaine de propositions pour aider les pays à faire face aux migrations.

Plusieurs pays de l’UE, surtout à l’est de l’Europe, ont déjà décidé de s’y opposer.