L’Iran a récupéré les enregistreurs des données de vol et des conversations dans la cabine de pilotage, mais n’a pas l’équipement requis pour en extraire les informations.

Ottawa demande à Téhéran de confier à la France les boîtes noires

Ottawa demande l’appui d’autres pays pour faire pression sur le régime iranien afin qu’il rende disponibles les boîtes noires du vol PS752 d’Ukraine International, a déclaré mercredi le ministre des Affaires étrangères.

François-Philippe Champagne et son collègue aux Transports, Marc Garneau, ont rencontré les dirigeants de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), une agence des Nations unies dont le siège est à Montréal, dans l’espoir de dénouer l’impasse dans ce dossier.

L’Iran a récupéré les enregistreurs des données de vol et des conversations dans la cabine de pilotage, mais n’a pas l’équipement requis pour en extraire les informations. M. Champagne a indiqué mercredi que le Canada voulait que les boîtes noires soient envoyées en France, qui dispose de l’expertise et du matériel pour en analyser le contenu, alors que le régime iranien a demandé à d’autres pays de lui prêter l’équipement requis pour faire le travail lui-même.

«Évidemment, nous défendons les familles — nous le ferons toujours, a assuré M. Champagne mercredi à Ottawa. Non seulement nous défendons le Canada, mais je pense que maintenant, le monde regarde et se dit : “Attendez une seconde : il existe une convention internationale, à laquelle l’Iran est partie, et maintenant ils doivent s’y conformer.” Et c’est pourquoi nous nous tournons vers l’agence de l’ONU.»

L’Iran admet que des militaires ont confondu l’avion de ligne ukrainien avec un élément hostile lorsqu’ils ont tiré des missiles sol-air en janvier. Les tensions étaient alors fortes dans la région : l’Iran venait de tirer des missiles balistiques sur des bases américaines en Irak, en représailles au meurtre par les États-Unis du général iranien Qassem Soleimani à Bagdad.

Les 176 personnes à bord de l’avion ukrainien, dont 138 qui se dirigeaient vers le Canada, ont été tuées lors de l’écrasement près de Téhéran. Cinquante-sept victimes étaient des citoyens canadiens et 29 autres étaient des résidents permanents. Plusieurs étudiants et universitaires rentraient au Canada après avoir passé les fêtes de fin d’année en Iran.