Le vote n’aura pas lieu à l’occasion d’une réunion plénière de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, car la mégapole est durement frappée par la pandémie.
Le vote n’aura pas lieu à l’occasion d’une réunion plénière de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, car la mégapole est durement frappée par la pandémie.

L’ONU change ses règles pour le vote pour un siège au Conseil de sécurité

OTTAWA — Les Nations Unies ont confirmé que l’élection visant à pourvoir des sièges non permanents à son Conseil de sécurité aura lieu en juin selon de nouvelles règles sans précédent à cause de la COVID-19.

Trois candidats se disputeront les deux sièges en jeu: le Canada, l’Irlande et la Norvège.

Le vote n’aura pas lieu à l’occasion d’une réunion plénière de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, car la mégapole est durement frappée par la pandémie.

La crise a contraint les diplomates à travailler de chez eux et à recourir à la vidéoconférence.

Les 193 ambassadeurs seront informés à l’avance de l’endroit où ils devront se rendre chacun leur tour pour voter. Ils devront présenter un laissez-passer de sécurité et recevoir un bulletin de vote.

Ils se verront attribuer différents créneaux horaires pour venir à l’ONU pour voter afin d’éviter un rassemblement de masse.

Les détails ont été divulgués dans une note de service transmise aux ambassadeurs de l’ONU, il y a plus d’une semaine.

«Permettre à l’Assemblée générale de s’acquitter de ses fonctions essentielles est l’une de mes principales priorités en cette période difficile», a déclaré vendredi soir Tijjani Muhammad-Bande, le diplomate nigérian actuellement président de l’Assemblée générale.

L’ambassadeur du Canada aux Nations Unies, Marc-André Blanchard, dit que le pays est prêt pour un vote en juin si celui-ci peut être fait de manière sûre tout en respectant les règles de l’ONU.

«C’est un territoire inexploré. Cela n’a jamais été fait, constate M. Blanchard. Nous devons nous assurer que les institutions sont réellement adaptées à cette réalité. Ce n’est pas une guerre militaire à laquelle nous sommes confrontés. C’est une crise des soins de santé et la plus grande crise économique et financière que nous ayons connue depuis 1929.»

Le vote était initialement prévu pour le 17 juin. Les nouvelles règles ne précisent pas exactement quand le scrutin aura lieu au cours du mois de juin.

Pour être élu et obtenir un mandat de deux ans, un pays devra obtenir au moins 128 votes, soit les deux tiers de l’assemblée. Plusieurs tours de scrutin pourraient être nécessaires. 

M. Blanchard dit s’attendre à ce que la course soit vivement disputée dans le Groupe des pays d’Europe occidentale et autres, le plus compétitif des blocs géographiques de l’ONU, où le Canada fait face à de redoutables adversaires.

Le premier ministre Justin Trudeau a courtisé le soutien de grands blocs de vote en Afrique, en Asie et dans les Caraïbes parce que les pays européens appuieront vraisemblablement la Norvège et de l’Irlande. La semaine dernière, M. Trudeau a coorganisé une importante réunion des Nations Unies sur la reconstruction de l’économie mondiale après la pandémie. 

M. Blanchard ne dira pas combien de pays donneront leur appui au Canada, mais, par le passé, de nombreux pays ont pu promettre un soutien qu’ils ont retiré au moment de voter.

L’ambassadeur canadien indique que la campagne du Canada repose sur ce que le pays a fait dans la lutte contre la pandémie. Le Canada a été aux premières lignes pour assurer la sécurité alimentaire des pays en développement, le maintien de chaînes d’approvisionnement vitales ouvertes à travers le monde et l’élaboration de nouveaux modèles de financement pour aider les pays en difficulté dont les économies ont été dévastées par la pandémie.

«Dans d’autres parties du monde, l’une des plus grandes menaces est l’accès à la nourriture en cette période de pandémie, lorsque la chaîne d’approvisionnement est perturbée, où il n’y a pas de transport», explique M. Blanchard.

À sa dernière tentative pour obtenir un siège au Conseil de sécurité, en 2010, le Canada avait baissé pavillon devant le Portugal.

Le Canada a déjà siégé six fois au Conseil de sécurité.