Melania Trump et Brigitte Macron lors d'une visite à la National Gallery of Art, à Washington.

L'idylle de Melania Trump et Brigitte Macron

WASHINGTON — À l’instar de leurs époux respectifs, Brigitte Macron et Melania Trump ont noué depuis près d’un an une relation amicale qui va au-delà de leur différence d’âge et de tempérament, unies dans un combat commun pour l’éducation et une passion pour la haute couture.

Les premières dames française et américaine ont supporté ensemble mardi matin la lourdeur du protocole d’une visite d’État à la Maison-Blanche, restant longtemps debout côte à côte sur l’estrade lors de la cérémonie officielle.

Elles ont ensuite profité des entretiens de leurs époux pour visiter une exposition sur le peintre français Paul Cézanne à la National Gallery of Art.

Elles portaient toutes les deux un ensemble blanc — immaculé pour Mme Trump avec un chapeau aux larges bords, blanc cassé pour Mme Macron — et des hauts talons. Ardentes défenseures de la mode, la Française privilégie les robes courtes et les collections Louis Vuitton quand l’Américaine est plus éclectique et internationale.

La veille, elles avaient affiché leur complicité dans les jardins de la Maison-Blanche, discutant en se tenant la main alors que leurs époux plantaient un chêne, symbole de l’amitié historique franco-américaine.

Les deux couples présidentiels lors de la cérémonie du chêne, lundi.

Elles avaient pourtant au départ peu de choses en commun, à part celui d’avoir vu leurs époux remporter une élection alors qu’ils n’étaient pas favoris.

L’une, blonde aux yeux bleus âgée de 65 ans, est issue de la bourgeoisie de province. Professeure de français, titulaire d’une maîtrise de lettres, elle animait un atelier théâtre quand elle a rencontré son futur mari. Elle a activement participé à la campagne électorale qui a porté Emmanuel Macron au pouvoir en mai 2017, et assume leur différence d’âge (24 ans).

L’autre, grande brune aux yeux également bleus de près de 20 ans sa cadette (47 ans), a grandi dans une famille modeste en Slovénie. Elle a étudié un an à l’Université de Ljubljana avant une carrière internationale de mannequin qui l’a menée à Paris, Milan et New York. C’est là qu’elle a épousé Donald Trump en 2005 avant d’être naturalisée américaine. Discrète, elle s’est peu impliquée dans la campagne électorale de 2016, marquée par le plagiat d’un ancien discours de Michelle Obama. Elle a attendu l’été pour s’installer à Washington, préférant que leur fils Barron termine son année scolaire à New York.

«Par son prénom»

Depuis l’investiture de Donald Trump en janvier 2017, les deux premières dames ont eu l’occasion de mieux se connaître lors des sommets de l’OTAN à Bruxelles, puis du G7 à Taormine, en Italie, en mai, et lors de la visite du couple Trump à Paris pour les cérémonies du 14 juillet.

En visitant la cathédrale Notre-Dame, Brigitte Macron avait notamment affiché une petite marque d’intimité en enlaçant délicatement la taille de Melania Trump.

Pendant son séjour, l’Américaine s’était aussi adressé en français, l’une des cinq langues qu’elle parle, aux enfants malades soignés à l’hôpital Necker.

En août 2017, Brigitte Macron avait confié dans le magazine Elle qu’elle appelait Melania Trump «par son prénom».

Un mois plus tard, elle avait applaudi le discours de Melania Trump sur la protection des enfants, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Les deux femmes avaient déjeuné ensuite côte à côte, avec la Canadienne Sophie Trudeau.

«Touchante»

L’éducation est l’autre combat des deux femmes.

«Tout ce qui touche à l’école me passionne», affirmait dans Elle Brigitte Macron, qui souhaitait aussi «favoriser l’accès à la culture» et «tout faire pour lutter contre les exclusions».

Elle décrit Melania Trump comme «une femme très soucieuse d’éducation, de faire et de bien faire. Touchante».

À l’ONU, Melania Trump avait appelé les dirigeants mondiaux à «servir d’exemple» pour «enseigner à nos enfants les valeurs de l’empathie et de la communication qui sont au cœur de la gentillesse, la conscience, l’intégrité et le leadership».

Elle a également dû affronter les sarcasmes quand elle s’est lancé dans la lutte contre le cyberharcèlement, la presse américaine notant que son époux est un habitué des attaques personnelles contre ses contradicteurs sur Twitter.