«Google et Facebook ont progressivement rogné le respect de notre vie privée. Aujourd’hui, nous sommes piégés. Soit nous nous soumettons à cette vaste machine de surveillance — où nos données sont facilement utilisées pour nous manipuler et nous influencer — soit nous renonçons aux avantages du monde numérique», écrit Amnesty International.

Le modèle de Facebook et Google, une «menace» pour les «droits humains»

SAN FRANCISCO — Amnesty International a vivement critiqué mercredi le modèle économique «fondé sur la surveillance» des géants du net Facebook et Google, le qualifiant de «menace systémique pour les droits humains».

Dans un rapport, l’ONG argue qu’en rendant leurs services en ligne, gratuits, indispensables à des milliards de personnes, puis en utilisant les données personnelles ainsi collectées pour des publicités ciblées, ces groupes menacent les libertés d’opinion et d’expression.

«Leur contrôle insidieux de nos vies numériques sape le fondement même de la vie privée et c’est l’un des défis majeurs de notre époque en termes de droits humains», a déclaré Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnesty, cité dans un communiqué.

«Google et Facebook ont progressivement rogné le respect de notre vie privée. Aujourd’hui, nous sommes piégés. Soit nous nous soumettons à cette vaste machine de surveillance — où nos données sont facilement utilisées pour nous manipuler et nous influencer — soit nous renonçons aux avantages du monde numérique», a-t-il ajouté.

«L’extraction et l’analyse des données personnelles, dans des proportions aussi gigantesques, sont incompatibles avec les différentes facettes du droit à la vie privée, notamment la liberté de ne pas subir d’intrusion dans nos vies privées, le droit de contrôler les informations nous concernant et le droit à un espace nous permettant d’exprimer librement nos identités», écrit Amnesty.

Selon l’ONG, «la vaste architecture publicitaire de Google et Facebook est une arme puissante entre de mauvaises mains», car «elle peut être détournée à des fins politiques» et «laisse le champ libre à toutes sortes de nouvelles stratégies publicitaires aux relents d’exploitation, comme le fait de s’en prendre à des personnes vulnérables qui luttent contre la maladie, les troubles mentaux ou la dépendance».

Facebook s’est défendu contre ce qu’il a qualifié d’inexactitudes dans le rapport.

«Le modèle économique de Facebook n’est pas, comme le suggère votre synthèse, axé sur la collecte de données des personnes», a dit le groupe en réponse à un résumé du rapport d’Amnesty. «Comme vous le relevez de manière correcte, nous ne vendons pas des données, nous vendons des publicités».