La variante du SARS-CoV-2 qui domine aujourd’hui dans le monde infecte plus facilement les cellules que celle qui est apparue à l’origine en Chine.
La variante du SARS-CoV-2 qui domine aujourd’hui dans le monde infecte plus facilement les cellules que celle qui est apparue à l’origine en Chine.

Le coronavirus actuel plus infectieux que la version originale

WASHINGTON — La variante du SARS-CoV-2 qui domine aujourd’hui dans le monde infecte plus facilement les cellules que celle qui est apparue à l’origine en Chine, ce qui la rend probablement plus contagieuse entre humains bien que cela reste à confirmer, selon une étude publiée jeudi dans la revue Cell.

«Nous ne savons pas encore si une personne s’en sort moins bien avec elle ou non», a commenté Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses américain, à la revue Jama. «Il semble que le virus se réplique mieux et puisse être plus transmissible, mais nous en sommes toujours au stade d’essayer de le confirmer. Mais il y a de très bons généticiens des virus qui travaillent là-dessus.»

Après sa sortie de Chine et son arrivée en Europe, une variante du nouveau coronavirus, qui mute en permanence comme tout virus, est devenue dominante, et c’est cette version européenne qui s’est ensuite installée aux États-Unis. La variante, nommée D614G, concerne une seule lettre de l’ADN du virus, à un endroit contrôlant la pointe avec laquelle il pénètre les cellules humaines.

Les mutations génétiques du coronavirus sont traquées dans le monde entier par les chercheurs, qui séquencent le génome des virus qu’ils trouvent et les partagent sur une base de données internationale, GISAID, un trésor de plus de 30 000 séquences à ce jour.

Les chercheurs de la nouvelle étude, des universités de Sheffield et Duke et du laboratoire national de Los Alamos, ont établi en avril que D614G dominait désormais et ont alors affirmé, avec une certaine alarme, que la mutation rendait le virus «plus transmissible». Ils avaient mis leurs résultats en ligne sur un site de prépublications scientifiques.

Plus apte

Mais cette assertion avait été critiquée, car l’équipe n’avait pas prouvé que la mutation elle-même était la cause de la domination; peut-être qu’elle a bénéficié d’autres facteurs ou du hasard. Les scientifiques ont donc réalisé des travaux et des expériences supplémentaires, à la demande notamment des éditeurs de Cell.

Ils ont d’abord analysé les données de 999 patients britanniques hospitalisés à cause de la COVID-19 et observé que ceux ayant la variante avaient certes plus de particules virales en eux, mais sans que cela ne change la gravité de leur maladie — une nouvelle encourageante.

D’autre part, des expériences en laboratoire ont montré que la variante était en revanche trois à six fois plus capable d’infecter des cellules humaines.

«Il semble probable que c’est un virus plus apte», dit Erica Ollmann Saphire, qui a réalisé l’une de ces expériences, au La Jolla Institute for Immunology.

La conclusion la plus stricte est que si le coronavirus qui circule actuellement est sans doute plus «infectieux», il n’est pas forcément plus «transmissible» entre humains.

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LE DÉVELOPPEMENT D'UN VACCIN CONTRE LE CORONAVIRUS PROGRESSE BIEN

Le développement d’un vaccin contre le coronavirus progresse bien, ont indiqué deux sources différentes au cours des derniers jours.

Au Royaume-Uni, la professeure Sarah Gilbert, qui fait partie de l’équipe de l’Université d’Oxford dont le candidat vaccin serait l’un des plus avancés du monde, a affirmé à un comité parlementaire que ce vaccin a généré la bonne réponse immunitaire chez les volontaires qui l’ont reçu.

Mme Gilbert a refusé de dire quand le vaccin pourrait être offert à la population, mais 8000 personnes participent maintenant à l’étude clinique de phase 3 qui doit en mesurer encore plus précisément l’efficacité.

Aux États-Unis, l’équipe formée par la Maison-Blanche pour développer un vaccin avant la fin de l’année a assuré à un comité sénatorial qu’elle est en voie d’atteindre cet objectif.

L’étude clinique de phase 3 du vaccin développé par la firme Moderna doit débuter au cours des prochains jours et impliquera quelque 30 000 personnes.

Le directeur des National Institutes of Health, le docteur Francis S. Collins, s’est dit «optimiste» de pouvoir compter sur un vaccin d’ici la fin de 2020. Environ 300 millions de doses seraient ensuite disponibles au début de 2021. La Presse canadienne