Des protestataires manifestant contre le sort réservé aux enfants des migrants s'étaient installés au Capitol à Washington, jeudi.

Le Congrès américain sous pression pour réformer l’immigration

WASHINGTON — Un vote clé sur une réforme de l’immigration aux États-Unis, censée mettre un terme définitif aux séparations controversées de familles de migrants sans-papiers, a été reporté à vendredi à la Chambre des représentants, selon les républicains.

Majoritaires au Congrès, mais divisés sur le sujet, les républicains avaient soumis deux textes au vote ce jeudi.

Le premier, reflétant les positions les plus dures du parti, a été rejeté comme attendu en début d’après-midi, mais en ralliant toutefois plus de suffrages que prévu (193 voix contre 231).

Au départ fixé pour la fin de journée, le vote sur le second texte qui tente de réconcilier ailes dures et modérées républicaines est reporté, ont indiqué les services de la majorité.

Signe des frictions internes sur cette épineuse question migratoire, les parlementaires républicains de la Chambre sont convoqués jeudi après-midi pour une réunion à huis clos. Leur chef, Paul Ryan, a martelé ces dernières semaines qu’il ne voulait pas présenter de texte risquant d’échouer.

En plein scandale sur la séparation de plus de 2300 mineurs de leurs parents interpellés pour avoir franchi la frontière sans papiers, les deux lois cherchaient à inscrire dans le marbre législatif l’interdiction de cette pratique.

Les plans républicains collent au décret Trump signé mercredi: si les enfants ne seront plus séparés de leur famille, c’est parce qu’ils resteront désormais en centre de rétention avec leurs parents pendant la durée des poursuites pénales.

La proposition de loi qui sera votée vendredi va cependant bien au-delà de cette question urgente, en incluant le financement du mur à la frontière mexicaine, le statut des jeunes dits «Rêveurs» — arrivés sans papiers aux États-Unis lorsqu’ils étaient enfants — et une nette réduction de l’immigration légale.

Elle prévoit un permis de travail et de résidence pour les «Rêveurs», renouvelable tous les six ans et qui les autorise à tenter de décrocher ensuite un statut de résident permanent.

Dans une curieuse façon d’encourager un vote qu’il réclame depuis des mois, le président républicain a signalé dès le début de matinée que cette réforme semblait de toute façon promise à l’échec au Sénat, où son parti n’a qu’une mince majorité.

Pas de suspense du côté des  démocrates, qui ont promis de voter contre à la Chambre. «Les républicains continuent d’être complices des atrocités de» Donald Trump, a asséné leur cheffe à la Chambre, Nancy Pelosi.

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Le Pentagone chargé d’héberger 20 000 enfants non-accompagnés

Le Pentagone va se préparer à héberger sur des bases militaires 20 000 enfants migrants entrés sur le territoire américain non accompagnés, à la demande du ministère américain de la Santé (HHS), a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’armée américaine.

«Le HHS a demandé au ministère de la Défense de déterminer ses capacités à fournir jusqu’à 20 000 lits temporaires pour des enfants étrangers non accompagnés sur des installations militaires», a indiqué à l’AFP le lieutenant-colonel Jamie Davis.

Dans son décret signé mercredi pour mettre un terme à la séparation à la frontière des familles de migrants clandestins, Donald Trump avait donné l’ordre au ministère de la Défense de mettre, si nécessaire, à disposition tout bâtiment pouvant être utilisé pour loger des migrants, voire de construire de nouvelles installations.

Le ministère de la Santé envisageait depuis plusieurs semaines d’utiliser certaines des nombreuses bases militaires américaines dans le sud des États-Unis pour y loger les migrants mineurs arrivant seuls aux États-Unis pour y retrouver des proches.

Quatre bases avaient été sélectionnées, dont trois au Texas et une en Arkansas.

«Bien que quatre bases aient été visitées par le HHS pour de possibles hébergements, cela ne signifie pas que tous les enfants y seront logés», a souligné le lieutenant-colonel Davis.

Les ministères de la Santé et de la Défense «coopèrent étroitement pour déterminer les critères requis et le calendrier prévu», a-t-il ajouté. «Les instructions du ministre de la Défense Jim Mattis sont claires: le ministère apportera son soutien à ses partenaires fédéraux».

«Nous avons abrité des réfugiés, nous avons abrité des gens qui avaient perdu leurs maisons à cause de séismes et d’ouragans. Nous faisons tout ce qui est dans le meilleur intérêt du pays», a déclaré mercredi M. Mattis aux journalistes qui l’interrogeaient sur l’éventualité de loger des migrants sur des bases militaires.