Le chanteur d'Eagles of Death Metal, Jesse Hughes, lors d'un spectacle du groupe à Montréal en 2016

Le chanteur du Bataclan dénigre les étudiants de Parkland

LOS ANGELES — Le chanteur du groupe Eagles of Death Metal, qui jouait au Bataclan à Paris lors des attentats du 13 novembre 2015, était vivement critiqué lundi après avoir accusé de trahison les lycéens américains à l’origine des rassemblements samedi contre les armes à feu.

Plus de 1,5 million de personnes ont participé samedi aux États unis à la «March for Our Lives», organisée après la fusillade dans un lycée de Parkland, en Floride, qui a fait 17 morts le 14 février. Ces rassemblements sont les plus importants du pays en au moins deux décennies.

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Mais pour Jesse Hughes, le chanteur du groupe américain, les survivants de ce massacre se servent de la mort de leurs camarades et professeurs pour éviter d’aller en cours.

Dans une série de messages publiés au cours du week-end sur Instagram, il s’en est aussi pris à l’une des figures de proue du mouvement, la jeune Emma Gonzalez, traitée de «menteuse».

Il s’était déjà fait remarquer pour ses commentaires provocateurs après les attentats de Paris en novembre 2015, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés.

«En tant que survivant d’une fusillade de masse, je peux vous dire de mon expérience directe que tous ceux d’entre vous qui manifestez et qui manquez les cours, vous insultez la mémoire de ceux qui ont été tués et vous m’insultez moi et tous les adorateurs de la liberté par vos actions», a écrit le chanteur de 45 ans.

Il a également publié une fausse photo d’Emma Gonzalez, une adolescente rescapée de Parkland, déchirant un exemplaire de la Constitution des États-Unis. Selon lui, elle représente «l’horrible visage de la trahison» et une «survivante de rien du tout» (lire plus bas).

Jesse Hughes, partisan affiché du président républicain Donald Trump, a également partagé un cliché qu’il a accompagné d’une légende considérant les manifestations d’«actions de ces jeunes malavisés et communistes diaboliques».

Ses représentants, contactés par l’AFP, n’étaient pas immédiatement joignables.

Le groupe avait bénéficié d’une grande sympathie après les attentats — 90 personnes sont mortes au Bataclan —, mais les propos du chanteur avaient entraîné l’annulation de sa participation à deux festivals à l’été 2016.

Jesse Hughes a également été écarté de la salle de spectacles parisienne lors de sa réouverture en 2016 pour avoir suggéré que les agents de sécurité de la salle étaient complices des djihadistes, et que des musulmans célébraient à l’extérieur du bâtiment pendant l’attaque.

Sa dernière diatribe contre les lycéens a provoqué une levée de boucliers sur Twitter, certains internautes appelant notamment au boycottage de sa musique.

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UNE PHOTO TRUQUÉE D'EMMA GONZALEZ

Une animation et une photo truquée qui semblent montrer l’une des survivantes de la fusillade dans une école secondaire de la Floride en train de déchirer la Constitution américaine se sont répandues comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, dans les dernières heures.

L’image d’Emma Gonzalez a été trafiquée à partir d’une photo qui apparaissait dans le magazine Teen Vogue du 23 mars, sur laquelle elle déchirait une cible de tir en papier.

Les responsables de la publication ont signalé sur Twitter qu’il s’agissait d’une fausse photo.

L’animation et la photo, ainsi que des articles sur le sujet, ont été partagés près de 70 000 fois sur les réseaux sociaux.

Les défenseurs des droits en matière d’armes à feu ont utilisé cette image afin de démontrer que les militants pour un meilleur contrôle des armes allaient trop loin. Ces derniers ont exprimé leur colère face à la prolifération de cette photo truquée.

La jeune Emma Gonzalez a livré un discours avec d’autres élèves de l’école de Parkland, en Floride, à une grande manifestation qui a eu lieu samedi à Washington pour réclamer un meilleur contrôle des armes à feu. Son discours a été largement partagé sur les réseaux sociaux.  AP