À Taïwan, des fidèles se sont bousculés pour être le premier à planter un bâtonnet d’encens sur le site d’un temple.

L’Asie célèbre le Nouvel An lunaire

Les habitants de l’Asie et d’autres régions du monde ont organisé vendredi des fêtes et visité des temples pour accueillir le Nouvel An lunaire.

Cette année sera celle du Chien, un des douze signes du zodiaque chinois.

Le parc Ditan, à Pékin, avait été décoré de lanternes rouges. L’interdiction d’utiliser des feux d’artifice en vigueur dans 400 villes chinoises a toutefois donné lieu à des célébrations plus sobres.

Aux Philippines, des cracheurs de flammes se sont exécutés dans les rues de Manille. Des enfants ont utilisé des boîtes et des caisses pour improviser une danse du lion.

Des danses du lion ont aussi eu lieu dans le quartier chinois de la ville japonaise de Yokohama. En Malaisie, un homme incarnant le dieu de la chance a nourri des poissons à l’aquarium de Kuala Lumpur, sous l’oeil intrigué des badauds.

En Corée, les réfugiés de la guerre de 1950-1953 et leurs descendants ont rendu hommage à leurs ancêtres près de la zone démilitarisée qui divise la péninsule.

À Taïwan, des fidèles se sont bousculés pour être le premier à planter un bâtonnet d’encens sur le site d’un temple. Selon la tradition, celui qui y parvient aura une année 2018 heureuse et prospère.

En Chine

L’année du Chien a débuté cette nuit en Chine, l’occasion pour les habitants de voyager en masse pour se retrouver en famille. Voici cinq choses à savoir sur le Nouvel an lunaire en Chine. 

Le chien, loyal mais têtu

Selon le cycle du calendrier lunaire, l’année du Coq laisse place à celle du Chien. D’après les canons astrologiques, les personnes nées l’année du Chien sont directes et loyales et possèdent un sens aigu de la justice, même si elles sont réputées têtues et irritables.

Les géomanciens hongkongais prévoient une année compliquée où les griffes seront sorties: le président américain Donald Trump est né en 1946 sous le signe d’un «chien de feu», lequel s’opposer au canidé «de terre» de 2018...

Le milliardaire américain a été récemment représenté à Taiyuan (nord de la Chine) par une statue de chien à son effigie, arborant sa houppette dorée et sa moue caractéristique.

La plus grande migration

Des centaines de millions de Chinois rentrent dans leur région d’origine pour célébrer le Nouvel an en famille, la plus grande transhumance humaine du monde.

Du 1er au 10 février, 732 millions de voyages avaient déjà été effectués, en voiture, avion, train ou bateau, alors même que les congés officiels ne commençaient que ce jeudi. En 2017, les Chinois avaient effectué environ trois milliards de trajets durant toute la période du Nouvel an.

Le phénomène met à rude épreuve les transports avec des trains bondés où s’entassent des voyageurs parfois sans siège, chargés d’imposants bagages et de paquets de nouilles instantanées.

Pékin privé de pétards

Après le dîner du réveillon, où les raviolis sont à l’honneur, la tradition est d’allumer après minuit des chapelets de pétards à sa porte pour effrayer les «mauvais esprits».

Mais à Pékin, la nuit du Nouvel an a été inhabituellement silencieuse: soucieuse d’endiguer la pollution hivernale, la capitale a --comme 440 autres villes chinoises-- drastiquement interdit l’usage de pétards et de feux d’artifice et musclé sa surveillance.

Résultat: des rues désertes, contrastant avec le tonnerre assourdissant des années précédentes. Les Pékinois pourront se rattraper sur les «foires de temples», vastes kermesses proposant jeux, artisanat et sucreries.

Stars et politique à la télé

C’est l’émission télévisée la plus regardée dans le monde.

Suivie en famille, la soirée de Nouvel an de la chaîne d’Etat CCTV voit son succès s’éroder auprès des jeunes mais garde une audience considérable, avec plus de 700 millions de téléspectateurs revendiqués pour l’édition 2017. Le Super Bowl américain n’en réunissait récemment que 103 millions.

Chaque année depuis 35 ans, l’émission propose un délicat dosage de chanteurs populaires, de sketchs, de performances de minorités ethniques, etc. et de numéros édifiants célébrant en musique les slogans politiques du régime communiste.

Pour l’année du Chien, l’émission de CCTV s’est assuré un franc succès en réunissant sur scène, pour la première fois en deux décennies, deux stars de la chanson, Faye Wong et Na Ying.

Mais le Parti n’était pas loin: d’autres chansons évoquaient la «nouvelle ère» prônée par le président Xi Jinping ou son projet d’infrastructures des «Routes de la soie».

Guerre des enveloppes rouges

La tradition chinoise veut que l’on offre en fin d’année de l’argent dans des «enveloppes rouges».

Mais ces étrennes sont désormais envoyées massivement sous forme électronique via son smartphone, avec une alternative ludique consistant à laisser une somme se diviser de façon aléatoire entre plusieurs amis...

Et ce, en profitant des plateformes de paiement en ligne: celle de WeChat, la messagerie du groupe Tencent, ou d’Alipay, administrée par le géant de l’e-commerce Alibaba.

Ces deux mastodontes d’internet se mènent chaque Nouvel an une âpre bataille en distribuant généreusement leurs propres enveloppes-cadeaux pour attirer les usagers vers leurs systèmes de paiement.

En 2017, 46 milliards d’enveloppes rouges avaient été échangées par les usagers de WeChat en six jours. Avec l'AFP