Le vice-chancelier du Honduras, Isaias Barahona réagit à la décision de l'administration Trump de mettre fin au statut de protection temporaire.

L’administration Trump met fin au statut de protection temporaire des Honduriens

NEW YORK — L’administration Trump a mis fin vendredi à un statut de protection temporaire touchant environ 57 000 Honduriens, qui viennent de ce fait s’ajouter aux milliers d’immigrants d’autres pays affectés par la violence et les catastrophes naturelles qui ont perdu leur permission de rester aux États-Unis.

Cette décision très attendue du département de Sécurité intérieure signifie qu’environ 428 000 personnes de divers pays font face à diverses dates limites, certaines fixées à la fin de la présente année, pour quitter les États-Unis ou tenter d’obtenir la résidence légale d’une autre manière.

De leur côté, les Honduriens ont jusqu’au 5 janvier 2020, a déclaré la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen.

Le président Donald Trump, qui mène une charge à fond de train contre l’immigration illégale dans son pays, et ses partisans font valoir que ces protections n’étaient pas conçues pour être permanentes.

Les groupes de défense des immigrants dénoncent cette décision et craignent que ce changement ne pousse les gens à vivre dans la clandestinité.

Pour les Honduriens, le programme appelé communément TPS (Temporary Protection Status) avait été mis en place en 1999 dans la foulée du passage de l’ouragan Mitch, qui avait dévasté le pays d’Amérique centrale un an plus tôt.

L’administration Trump soutient que les conditions au Honduras se sont améliorées. Toutefois, selon certains intervenants, le pays ne s’est pas complètement remis du sinistre, et il la violence y est monnaie courante.

Le gouvernement hondurien a exprimé son regret par rapport à la décision du gouvernement américain. Le ministre des Affaires étrangères du pays a reconnu que les Américains avaient le droit de faire ce choix, mais il a dit le «déplorer profondément».

Marta Connor, une organisatrice syndicale de 50 ans, vit aux États-Unis depuis des décennies et a trois enfants qui sont nés en sol américain. Avant même l’annonce de l’administration, elle a signalé son intention de rester, peu importe la décision de Washington.

«Ce que je peux vous dire, c’est que je ne vais pas au Honduras», a-t-elle lancé.

«Il n’y a aucune chance que j’y retourne.»

Environ 437 000 immigrants provenant de 10 pays étaient couverts par un statut de protection temporaire, une désignation créée en 1990 pour offrir un refuge aux personnes de pays touchés par les catastrophes naturelles ou par la guerre. Seulement quelques milliers d’entre eux ont toujours ce statut.