Des Palestiniens devant un édifice bombardé par Israël, l’une des 320 frappes de l’État hébreu depuis samedi.

La violence s’intensifie entre Israël et Gaza

GAZA — Les hostilités se sont intensifiées dimanche au deuxième jour d’une escalade entre Israël et les groupes armés de la bande de Gaza, les tirs de roquettes palestiniens et la riposte de l’État hébreu ayant tué 4 personnes côté israélien et 23 Palestiniens depuis samedi.

Dix-neuf Palestiniens ont été tués au cours de la seule journée de dimanche.

Au deuxième jour d’un accès de fièvre qui fait craindre un nouveau conflit, les deux camps n’ont donné aucun signe de désarmer.

Un journaliste de l’AFP à Gaza a fait état de dizaines de nouveaux tirs de roquettes dans la soirée sur le territoire israélien en provenance de l’enclave palestinienne, coincée entre Israël, l'Égypte et la Méditerranée.

L’armée israélienne a de son côté poursuivi sans relâche ses vagues de frappes sur la bande de Gaza, visant le Hamas et le Jihad islamique, les deux principaux groupes armés de l’enclave.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné la poursuite de «frappes massives» et l’envoi de renforts militaires autour de la bande de Gaza.

Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyé, a indiqué dans une déclaration dimanche soir qu’un «retour à une accalmie est possible» si Israël s’engage à observer un «cessez-le-feu total». Sans cela, on risque «plusieurs cycles de confrontation», a-t-il ajouté.

Cette langue de terre éprouvée par les conflits, la pauvreté et l’enfermement est le théâtre d’une énième escalade des tensions depuis la guerre meurtrière de 2014 entre Israël et les groupes armés palestiniens.

Quelque 600 roquettes ont été tirées depuis samedi de Gaza, dont 510 ont atteint le territoire israélien, et 35 sont tombées dans des zones urbaines, selon un décompte de l’armée israélienne.

Menaces

L’armée israélienne a dit en retour avoir frappé plus de 320 objectifs du Hamas et du Jihad islamique à travers la bande de Gaza, et visé notamment des ateliers de fabrication de roquettes, des entrepôts d’armes, des positions et des bases militaires ainsi qu’un tunnel du Jihad islamique débouchant en Israël.

Plusieurs immeubles ont été détruits dans la ville de Gaza. Ils abritaient notamment des bureaux du Hamas et du Jihad islamique et des locaux du renseignement militaire et de la sécurité du Hamas. La Turquie a dénoncé les frappes, affirmant qu’un de ces bâtiments abritait les locaux de son agence de presse nationale Anadolu.

Sur les 19 Palestiniens tués dimanche, au moins six ont été identifiés comme des combattants du Hamas et du Jihad islamique, dont l’un qui serait commandant.

Une femme enceinte et un bébé de quatre mois figurent parmi les 19 Palestiniens tués par les frappes israéliennes dimanche, a indiqué le ministère de la Santé à Gaza, l’armée israélienne se refusant à tout commentaire.

La branche armée du Jihad islamique a publié dimanche une vidéo montrant des activistes manipulant des roquettes et menaçant des sites clés israéliens dont l’aéroport de Tel-Aviv.

Israël a fermé les points de passage avec Gaza ainsi que la zone de pêche au large de l’enclave palestinienne soumise à un strict blocus israélien depuis plus de dix ans.

Appel de l’ONU

Ces violences remettent en cause une trêve fragile observée depuis fin mars entre Israël et le Hamas et ses alliés, qui se sont livré trois guerres dans l’enclave depuis 2008.

Le voisin égyptien, intercesseur historique entre Israël et Palestiniens, ainsi que les Nations unies s’emploient à une médiation pour faire retomber la tension, alors que le ramadan commence dans les jours à venir.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a appelé dimanche à «une retenue maximale» et à une «désescalade immédiate».

L’envoyé des Nations unies pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov, «travaille étroitement avec l’Égypte et tous ceux concernés pour restaurer le calme», selon un communiqué de l’ONU.

De son côté, le mouvement libanais du Hezbollah a condamné «avec force l’agression sioniste barbare et continue», dénonçant dans un communiqué «le silence international et arabe».

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TRUMP DIT QUE LES ÉTATS-UNIS SOUTIENNENT ISRAËL «À 100%»

WASHINGTON — Le président Donald Trump a assuré dimanche Israël du soutien entier des États-Unis après que l’État hébreu eut mené des raids dans la bande de Gaza en représailles à des tirs palestiniens de roquettes en territoire israélien.

«Une nouvelle fois, Israël est confronté à un barrage meurtrier d’attaques de roquettes mené par les groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique. Nous soutenons Israël à 100% dans la défense de ses citoyens», a tweeté M. Trump.

«Au peuple de Gaza - ces actes terroristes contre Israël ne vont vous apporter rien d’autre que davantage de souffrance. CESSEZ la violence et travaillez pour la paix - cela peut arriver!» a-t-il ajouté.