Le détroit d'Ormuz (en haut à droite) photographié de la Station spatiale internationale en janvier 2016

La Royal Navy escortera les navires battant pavillon britannique dans le détroit d’Ormuz

LONDRES - Le ministère britannique de la Défense a annoncé jeudi avoir ordonné à la Royal Navy d’escorter les navires civils battant pavillon britannique dans le détroit d’Ormuz, où l’Iran a arraisonné un de ces bâtiments la semaine dernière.

«La Royal Navy a été chargée d’accompagner les navires battant pavillon britannique dans le détroit d’Ormuz, si un préavis suffisant de leur passage est donné», a indiqué le ministère dans un communiqué.

«Sur la question de l’Iran, nous travaillons à désamorcer les tensions actuelles», a déclaré un porte-parole du premier ministre Boris Johnson jeudi après-midi. La saisie le 19 juillet par l’Iran du Stena Impero, un pétrolier suédois battant pavillon britannique, quinze jours après l’arraisonnement du pétrolier iranien Grace 1 par les autorités britanniques, était «un acte illégal», a déclaré ce porte-parole. «Nous voulons qu’ils relâchent le bateau et son équipage», a-t-il ajouté.

Lundi, Jeremy Hunt, qui était encore ministre des Affaires étrangères, avait appelé tous les navires battant pavillon britannique et transitant par le détroit d’Ormuz à communiquer la date de leur passage pour «nous permettre d’offrir la meilleure protection possible», mais n’avait pas jugé possible pour la Royal Navy «d’offrir une escorte à tous les bateaux ou d’éliminer tous les risques de piraterie».

Il avait précisé que le second navire de guerre britannique en route pour la région, le HMS Duncan, arriverait d’ici le 29 juillet.

M. Hunt, depuis écarté par le nouveau Premier ministre Boris Johnson, qui l’a remplacé par Dominic Raab, avait aussi annoncé qu’il voulait mettre en place une mission de protection européenne dans le Golfe.

Paris, Londres et Berlin prévoient de «coordonner» leurs moyens et «partager (leurs) informations» dans le Golfe pour y renforcer la sécurité maritime, mais sans pour autant y déployer des moyens militaires supplémentaires, a précisé la ministre française des Armées Florence Parly dans un entretien paru jeudi dans le quotidien régional français L’Est Républicain.

«Nous travaillons à nous organiser entre Européens, mais une chose est sûre: notre comportement ne devra avoir qu’un seul objectif, faire baisser les tensions actuelles et défendre nos intérêts», a souligné Mme Parly.

Les tensions ne cessent de monter dans la région stratégique du Golfe depuis le retrait américain en mai 2018 de l’accord nucléaire iranien, suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l’Iran.

Elles se sont intensifiées ces dernières semaines avec des attaques contre des pétroliers dans le Golfe, imputées par Washington à Téhéran, qui dément toute implication.

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Une vedette iranienne navigue autour du Stena Impero, un pétrolier suédois battant pavillon britannique, le 21 juillet.