Pour sa légion de détracteurs, le président Trump ressemble plus à Homer Simpson lorsqu’il est devenu un boxeur inepte qu’on ne peut envoyer au tapis.

La prochaine élection américaine mettra en jeu l'avenir d'une civilisation

WASHINGTON — Si l’Histoire est en effet écrite par les vainqueurs, la course à la présidentielle américaine de 2020 se lira comme un scénario épique hollywoodien ou une reprise d’un épisode des Simpson de la saison 8.

À la droite extrême, le champion en titre, Donald J. Trump, dont un mème reprend l’affiche d’un vieux Rocky des années 1980 : même torse ondulant, mêmes culottes étoilées et mêmes gants rouges républicains.

Pour sa légion de détracteurs, le président ressemble plus à Homer Simpson lorsqu’il est devenu un boxeur inepte qu’on ne peut envoyer au tapis. Le visage ensanglanté, tuméfié, il demeure debout malgré tous les coups qu’il reçoit. Il est prêt à continuer le combat jusqu’à son dernier souffle.

Qu’il soit Rocky Balboa, qu’il soit «The Brick Hithouse», rien ne laisse présager que Donald Trump se laissera abattre docilement.

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Qu’il soit Rocky Balboa, qu’il soit «The Brick Hithouse», rien ne laisse présager que Donald Trump se laissera abattre docilement.

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«Tout va bien, nous remontons dans les sondages, avait proclamé M. Trump au lendemain de sa mise en accusation devant le Congrès américain, le quatrième président de l’histoire américaine à être mis en accusation par la Chambre des représentants après Andrew Johnson et Bill Clinton. Il est le premier qui cherchera à se faire réélire. Richard Nixon avait préféré démissionner plutôt que subir le sort. À l’époque, le comité judiciaire de la Chambre des représentants avait lancé une procédure de destitution contre lui, mais l’ensemble des élus ne s’étaient pas prononcés.

«Je n’ai pas l’impression d’être mis en accusation, car c’est un canular, un coup monté. C’est une chose horrible qu’ils [les démocrates] ont faite», a déclaré M. Trump.

Dans le coin opposé, les démocrates. Ceux-ci sont en train de choisir celui qui sera leur candidat en vue de l’élection présidentielle de novembre. Le favori de la course demeure l’ancien vice-président Joe Biden, âgé de 77 ans, dont l’expérience, le charme populaire et la modération compensent beaucoup ses faiblesses et maladresses.

Parmi ses principaux rivaux: les sénateurs Bernie Sanders et Elizabeth Warren, l’étoile montante Pete Bittigieg, et l’ancien maire de New York, le milliardaire Mike Bloomberg.

«[Biden] est plus proche du centre de l’électorat que ses principaux rivaux. Il est plus proche du centre de l’électorat démocrate, constate Paul Beck, un professeur de sciences politiques de l’Université Ohio State. C’est la raison pour laquelle M. Trump concentre ses attaques sur lui en ce moment afin de l’affaiblir en vue de la campagne.»

Un Canada attentif

Le Canada accordera une attention particulière à la campagne électorale de 2020.

Maintenant que les tensions entourant le nouvel accord de libre-échange nord-américain se sont dissipées, le premier ministre fédéral Justin Trudeau espère que la Maison-Blanche subordonnera toute nouvelle entente commerciale avec la Chine à la libération de deux Canadiens détenus là-bas, Michael Kovrig et Michael Spavor.

Toutefois, M. Trump se préoccupe-t-il autant de M. Trudeau ? C’est une autre paire de manches.

Justin Trudeau ne figure sûrement pas parmi les amis politiques de l’actuel occupant de la Maison-Blanche. Il n’a pas aidé sa cause en se moquant de lui derrière son dos lors d’une récente réunion de l’OTAN à Londres.

«C’est un homme à deux visages», l’a qualifié M. Trump au lendemain de l’incident.

Malgré ses nuages, le premier ministre prétend que les relations entre les deux pays sont «extrêmement fortes et très bonnes».

Mais M. Trudeau pourrait avoir de la difficulté à en convaincre le président. La populaire émission satirique «Saturday Night Live» s’est bien sûr moqué de l’incident tandis que Joe Biden s’est en servi dans une annonce de campagne.

«Le monde voit Trump pour ce qu’il est vraiment: insincère, mal informé, corrompu, dangereusement incompétent et incapable, à moi avis, d’exercer un leadership sur le plan international», proclame M. Biden dans cette annonce.

Au centre

Quoi qu’on en pense, Donald Trump demeure au centre de l’univers politique américain.

«Si l’élection est un référendum sur Trump, il la perdra probablement, mais s’il peut en faire un choix entre lui et un candidat démocrate affaibli, il a de bonnes chances de gagner, croit M. Beck. Sa stratégie sera d’essayer de détruire son adversaire d’une manière dont nous avons déjà une idée.»

Compte tenu de la réputation de l’occupant actuel à la Maison-Blanche, peu importe qui deviendra le candidat démocrate, soutient un professeur de l’Université McMaster de Hamilton.

«La plupart des démocrates ne s’en soucient pas vraiment. Ils veulent seulement voter pour quelqu’un qui les débarrassera de Donald Trump, dit-il. Ils le détestent tellement pour un tas de raisons. La principale est probablement qu’ils ne pensent pas qu’il soit un bon président. Il n’est pas poli. Ce n’est tout simplement pas ce qu’on leur apprit sur la façon d’agir d’un président.»

L’idée d’un second mandat accordé à Donald Trump terrifie certains observateurs.

«Ce sera l’élection de ma vie, reconnaît M. Beck, qui est âgé de 75 ans. Sa réélection justifiera tout ce qu’il a fait au cours de son premier mandat et l’encouragera encore plus à prendre cette direction. Je crains que ses élans autoritaires ne le transforment en dictateur.»