Après la sortie du Royaume-Uni du bloc de l’Union européenne, l’actuelle frontière invisible de 500 kilomètres en Irlande sera la seule frontière terrestre du Royaume-Uni avec un pays de l’UE.

La frontière irlandaise pèse lourd dans les négos du Brexit

BRUXELLES — L’Union européenne et le Royaume-Uni ont conclu une série de rencontres diplomatiques de haut niveau, lundi, sans parvenir à une entente sur les termes de leur divorce, alors qu’un accord sur le maintien d’une frontière ouverte en Irlande glisse entre les mains des négociateurs.

L’UE et le Royaume-Uni sont près d’une entente sur certains termes du Brexit, incluant l’ampleur de la facture que Londres devrait payer à sa sortie et les droits des citoyens touchés par le divorce. Toutefois, l’enjeu de la frontière en Irlande s’avère encore plus épineux.

Après la sortie du Royaume-Uni du bloc de l’UE, l’actuelle frontière invisible de 500 kilomètres en Irlande sera la seule frontière terrestre du Royaume-Uni avec un pays de l’UE.

Flot «sans friction»

Londres a affirmé vouloir maintenir un flot «sans friction» de personnes et de biens, sans poste frontalier. Mais l’Irlande et les autres pays de l’UE veulent savoir comment cela pourra fonctionner si le Royaume-Uni se situe hors du marché unique sans frontières de l’UE et de l’alliance sans tarifs douaniers, un bloc commercial plus large qui inclut des pays non membres de l’UE comme la Turquie.

Les négociateurs discutaient d’un accord par lequel le Royaume-Uni s’engagerait à maintenir un «alignement réglementaire» entre la région britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande après le Brexit. Les deux parties promettraient de maintenir des règles de commerce compatibles dans un objectif de fluidité.

Des responsables irlandais et européens ont d’abord indiqué que les parties étaient près d’une entente. Mais par la suite, le Parti unioniste démocrate (PUD) en Irlande du Nord, élément clé du gouvernement minoritaire de la première ministre britannique Theresa May, a annoncé qu’il n’appuierait pas une entente créant des règles particulières pour l’Irlande du Nord. Le parti s’oppose à tout statut spécial qui pourrait éloigner l’Irlande du Nord du Royaume-Uni et la rapprocher de la République d’Irlande.

Le PUD ne compte que 10 sièges sur les 650 de la Chambre des communes, mais sans le soutien de ce parti, le gouvernement de Mme May ne serait plus viable.