Albin Kurti (au centre) a été arrêté alors qu’il s’approchait du parlement pour une session.

Kosovo: le leader de l’opposition placé en garde à vue

PRISTINA — Le fondateur du principal parti d’opposition au Kosovo a été placé vendredi en garde à vue pour les jets répétés de gaz lacrymogène au parlement en 2016.

Leader charismatique de Vetëvendosje (gauche nationaliste) dont il a quitté la présidence, Albin Kurti a été arrêté alors qu’il s’approchait du parlement pour une session. Deux députées de son mouvement ont été interpellées alors qu’elles étaient avec lui.

Les trois élus ont refusé à plusieurs reprises de se rendre à des convocations de la justice pour répondre de ces incidents, organisés pour protester contre un accord de délimitation de la frontière avec le Kosovo.

Dans la soirée, un juge a ordonné un mois de placement en détention pour les trois militants.

Issu du mouvement étudiant, Vetëvendosje est adepte de l’action de rue souvent violente. Leurs députés ont à plusieurs reprises jeté du gaz lacrymogène dans l’Assemblée pour empêcher la tenue de débats ou de votes sur l’accord avec le Monténégro.

La semaine dernière, un autre député de Vetëvendosje, Frashër Krasniqi avait été condamné à huit ans de prison pour avoir jeté une grenade sur le parlement en 2016, provoquant de légers dégâts. Trois autres militants ont reçu des peines de prison.

«Une énorme entreprise de persécution a été lancée» contre Vetëvendosje, «qui a commencé avec la condamnation de nos quatre militants», a dénoncé auprès des journalistes un responsable du mouvement, Visar Ymeri.

Le parti est arrivé en tête lors des législatives de juin, mais Albin Kurti a dû renoncer à être désigné premier ministre après que les divers partis menés par les anciens chefs de la rébellion indépendantiste kosovare albanaise se sont coalisés.

L’accord de délimitation de la frontière avec le Monténégro a été conclu en 2015. Mais il n’a toujours pas été ratifié par le Parlement kosovar, au grand dam de l’Union européenne avec qui Pristina négocie notamment une libéralisation du régime des visas.

Devenu premier ministre, Ramush Haradinaj, reste opposé à cet accord initialement soutenu par le principal parti composant la coalition qui le soutient.