Deux femmes se serrent lors d’une cérémonie commémorant les victimes de l’attentat du London Bridge, survenu l’an dernier.

Hommage aux victimes de l’attentat du London Bridge

LONDRES — Le Royaume-Uni a commémoré dimanche l’attentat du London Bridge, qui avait fait huit morts et une cinquantaine de blessés il y a un an, lors d’une cérémonie suivie d’une minute de silence observée sur le lieu même de l’attaque.

La première ministre Theresa May, le ministre de l’Intérieur, Sajid Javid, le leader de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn et le maire de Londres, Sadiq Khan, ont pris part à la célébration organisée à la cathédrale de Southwark, et salué la mémoire des victimes en présence de leurs proches et de certains secouristes intervenus après l’attentat.

Ils ont ensuite participé à une procession jusqu’au London Bridge, où ils ont déposé des couronnes de fleurs après avoir observé une minute de silence, à 16h30.

Dans la foule de plusieurs centaines de personnes réunies à l’entrée du pont, certains portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire «Un an après, Londres plus unie que jamais».

«Aujourd’hui, nous nous souvenons de ceux qui sont morts et de ceux qui ont été blessés, et nous rendons hommage à la bravoure de nos services d’urgence», avait déclaré la chef du gouvernement dans un communiqué publié avant la cérémonie.

Sur la couronne de fleurs qu’elle a déposée, un message indiquait : «Nous n’oublierons jamais les victimes, nous ne céderons jamais à la haine et à la division».

L’office avait débuté avec la lecture, par le révérend Andrew Nunn, du nom des huit personnes tuées dans l’attaque : les Français Alexandre Pigeard, Sebastien Belanger et Xavier Thomas, la Canadienne Christine Archibald, le Britannique James McMullan, les Australiennes Kirsty Boden et Sara Zelenak, et l’Espagnol Ignacio Echeverria.

Des drapeaux représentant ces cinq nationalités avaient été accrochés dans la nef de la cathédrale de Southwark, dont les portes d’entrée portent encore les stigmates de l’intervention des forces de police à la recherche des assaillants le soir de l’attentat.

À l’issue de la cérémonie, un olivier, baptisé «arbre de l’apaisement», a été planté sur le terrain de la cathédrale. Cet arbre constituera «un rappel constant de l’importance de rassembler nos communautés contre la violence», a souligné Andrew Nunn.

Le soir du 3 juin 2017, Khuram Butt, 27 ans, Rachid Redouane, 30 ans, et Youssef Zaghba, 22 ans, avaient lancé leur camionnette sur les piétons du London Bridge, en plein centre de la capitale britannique, avant de s’attaquer aux passants avec des couteaux dans le quartier de Borough Market. Ils avaient finalement été abattus par la police.

«Blessures invisibles» 

La Française Christine Delcros est venue à Londres pour participer aux commémorations. Le soir de l’attaque, elle était sur le London Bridge avec son compagnon, Xavier Thomas.

Le couple était à Londres pour «un week-end en amoureux». Christine Delcros a été percutée par la camionnette des assaillants. Le corps de Xavier Thomas a lui été retrouvé quelques jours après dans la Tamise.

«C’est tout mon monde qui s’est écroulé», a-t-elle confié à l’AFP. «Au niveau psychologique, les blessures sont invisibles et pourtant les plus conséquentes». Hospitalisée deux jours par semaine, elle n’a pas encore pu reprendre son travail.

Wayne Marques, l’un des premiers officiers de police à être intervenu lors de l’attentat, poursuit également sa convalescence après avoir été sévèrement blessé à la tête, à la jambe et à la main.

«J’ai fait des progrès importants, je suis beaucoup plus indépendant, je me tiens debout, je peux marcher, voir des gens, ma famille, mes amis», a-t-il exposé dans une vidéo mise en ligne par la British Transport Police.

Il avait perdu temporairement l’usage d’un œil après s’être opposé aux terroristes, seulement armé de son bâton de défense. Malgré les craintes de sa famille, il espère pouvoir reprendre son activité «le mois prochain». «C’est un métier que j’aime. Pour être honnête, c’est une partie de moi-même».

L’attentat du London Bridge s’inscrivait dans une vague d’attaques qui a fait 35 morts en l’espace de six mois au Royaume-Uni en 2017.

Il a eu lieu quelques semaines après celui perpétré près du Parlement de Londres (5 morts le 22 mars 2017), et l’attentat suicide de Manchester (22 morts le 22 mai 2017). Chacun des trois avait été revendiqué par le groupe jihadiste État islamique.