Justin Trudeau a rencontré, samedi, deux dirigeants ayant discuté avec le prince héritier de l’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane.

G20: Trudeau partage ses inquiétudes avec Poutine et ben Salmane

BUENOS AIRES, Argentine — Le premier ministre Justin Trudeau a eu l’occasion de rencontrer deux des leaders mondiaux les plus controversés, le président russe Vladimir Poutine et le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane, pour leur faire part de son inquiétude devant certaines de leur décision.

En conférence de presse, samedi, M. Trudeau a déclaré qu’il avait notamment été question de la saisie récente par la Russie de trois navires de guerre ukrainiens près de la Crimée. Il a demandé à M. Poutine de relâcher les marins ukrainiens qui ont été faits prisonniers. Selon lui, le président russe n’a pas eu l’occasion de répondre à ces remarques.

«Pour moi, il est évident que cette question concerne non seulement le Canada, mais également plusieurs de nos alliés de l’OTAN, a souligné M. Trudeau samedi. Nous espérons tous beaucoup qu’il y aura une désescalade et la libération de ces prisonniers.»

Les ministres des Affaires étrangères du Canada, d’Allemagne, d’Italie, du Japon, du Royaume-Uni et des États-Unis, ainsi que du haut représentant de l’Union européenne, ont eux aussi exprimé vendredi leur préoccupation devant les actions de la Russie contre Ukraine dans le détroit de Kertch et les eaux environnantes.

Le premier ministre a aussi indiqué qu’il s’était entretenu directement avec le prince héritier de l’Arabie saoudite en marge d’un dîner offert par l’Argentine vendredi soir.

«J’ai saisi l’occasion pour m’entretenir directement avec le prince héritier. Nous avons discuté de la querelle diplomatique entre le Canada et l’Arabie saoudite», a-t-il dit.

M. Trudeau a également évoqué la nécessité d’obtenir de meilleures réponses au sujet de l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi et de l’emprisonnement de Raif Badawi, ainsi que la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat et d’une aide humanitaire au Yémen.

La guerre civile au Yémen constitue la plus grande catastrophe pour l’humanité aujourd’hui, a-t-il soutenu, ajoutant que c’était un sujet qui avait été abordé tout au long du sommet du G20.

«La situation est grave et empire.»

M. Trudeau a également rencontré séparément le président français Emmanuel Macron et la première ministre britannique Theresa May.

Au cours des deux réunions bilatérales, le premier ministre a discuté du meurtre de M. Khashoggi en octobre au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul et des sanctions imposées par le Canada aux 17 ressortissants saoudiens impliqués dans le meurtre.

Justin Trudeau a affirmé que le Canada serait toujours un ardent défenseur des droits de la personne.

Selon le premier ministre, il est préférable d’avoir une conversation franche et directe avec les autres leaders plutôt que de ne pas leur parler du tout.

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CLIMAT: À L'EXCEPTION DES ÉTATS-UNIS, LE G20 AFFIRME SON SOUTIEN À L'ACCORD DE PARIS 

BUENOS AIRES - Les membres du G20, à l’exception des États-Unis, ont réaffirmé leur soutien à l’accord de Paris sur l’environnement qui vise à contenir le réchauffement mondial, samedi dans le communiqué final au terme du sommet de Buenos Aires.

Si les signataires de l’accord de Paris en soulignent le caractère «irréversible» dans le communiqué, les États-Unis rappellent dans un paragraphe distinct qu’ils ont rejeté ce texte, mais disent s’engager en faveur de «la croissance économique, l’accès à l’énergie et la sécurité, en utilisant toutes les technologies et les sources énergétiques disponibles, tout en protégeant l’environnement». AFP