Plusieurs syndicats ont appelé à des manifestations en France samedi, auxquelles se sont joints des «gilets jaunes», mouvement de contestation sociale et fiscale né à l’automne 2018.
Plusieurs syndicats ont appelé à des manifestations en France samedi, auxquelles se sont joints des «gilets jaunes», mouvement de contestation sociale et fiscale né à l’automne 2018.

France : manifestations et perturbations au 24e jour de grève

PARIS — Nouveau week-end difficile pour les usagers du train et des transports parisiens, en plein chassé-croisé de vacanciers : la France vit samedi son 24e jour de grève contre la réforme du système des retraites, marqué par des manifestations rassemblant des milliers de personnes.

À l’approche du réveillon du Nouvel An, la contestation sociale contre le projet de système «universel» par points voulu par Emmanuel Macron se dirige vers un nouveau record.

Désormais plus long que celui de 1995 dans les transports (22 jours), le conflit pourrait dépasser les 28 jours atteints en 1986-1987 à la SNCF, la compagnie nationale des chemins de fer, également sans trêve de Noël. D’autant que la reprise des concertations entre le gouvernement et les organisations syndicales et patronales n’est prévue que pour le 7 janvier.

Plusieurs syndicats ont appelé à des manifestations samedi, auxquelles se sont joints des «gilets jaunes», mouvement de contestation sociale et fiscale né à l’automne 2018.

À Paris, environ 300 «gilets jaunes» sont partis de la place de la Bourse, au coeur de la capitale, avec des pancartes proclamant «Âge pivot, âge tombeau», en écho à l’«âge d’équilibre» assorti d’un bonus-malus que le gouvernement veut fixer à 64 ans en 2027. Ils ont ensuite convergé vers le cortège de plusieurs milliers de manifestants qui s’est élancé de la gare du Nord, à l’appel des unions régionales de plusieurs syndicats.

«Je fais grève autant que je peux, on fait des roulements», explique Saïd Larbi, 39 ans, machiniste à la RATP, la régie des transports parisiens, tenant entre ses mains une caisse de solidarité pour les grévistes.

De brefs et légers incidents en tête de cortège, où se trouvaient des «gilets jaunes», se sont produits près du centre d’art Pompidou. Des manifestants, certains encagoulés, ont dressé des barricades avec des barrières de chantiers et mis le feu à des poubelles. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour répliquer à des jets de projectiles et dégager les barricades.

Des actions ont par ailleurs eu lieu dans de nombreuses villes en région, y compris dans de modestes localités.

Pour les voyageurs, la situation dans les transports restait compliquée, avec en moyenne 6 TGV sur 10 et 1 Transilien (région parisienne) sur 5 en circulation jusqu’à dimanche soir, et encore six lignes de métro fermées samedi à Paris.

La SNCF prévoit la circulation de 3TER (trains régionaux) sur 10 samedi, 4 TER sur 10 dimanche, et une moyenne sur le week-end de 3 Intercités sur 10.

«Aujourd’hui, il y a du mieux, avec 20 % de trains en plus», a affirmé samedi la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, en pointant une offre supérieure à la demande pour le week-end : 800 000 places pour, «à ce stade, 500 000 voyageurs».

Après des jours de silence, la prise de parole du président de la République Emmanuel Macron le 31 décembre, pour ses voeux aux Français, est très attendue.